UFC-Que Choisir a annoncé déposer une plainte contre plusieurs grands constructeurs automobiles dans l'affaire des airbags Takata. L'association de consommateurs dénonce des manquements graves, entraînant la mise en danger délibérée des automobilistes.
Le scandale des airbags défectueux de la marque Takata continue de prendre de l’ampleur. L’association des consommateurs, UFC-Que Choisir, a annoncé déposer une nouvelle plainte, ce lundi, contre les constructeurs BMW, Mercedes, Toyota et Volkswagen.
Les accusations sont graves : «pratiques commerciales trompeuses, tromperie aggravée et mise en danger délibérée de la vie d’autrui». L’association avait déjà porté plainte contre Citroën, en janvier dernier, pour ces mêmes motifs.
Cette annonce intervient également après la mort d’un automobiliste en Guadeloupe, à la fin du mois de mars. Ce dernier était sur la route, et est décédé après l’explosion de son airbag défectueux. Pour rappel, une grande partie des airbags Takata contiennent un gaz qui se dégrade avec le temps et la chaleur, pouvant ainsi provoquer une explosion.
Des millions d'automobilistes seraient toujours exposés à un risque
Selon la plainte de l’association, la dangerosité de ces airbags japonais est connue «depuis plus de 10 ans». Pourtant, «malgré la gravité et le caractère avéré du risque», UFC-Que Choisir affirme que les constructeurs visés ont «attendu d’être “au pied du mur” pour prendre des mesures sous la pression médiatique et réglementaire».
UFC-Que Choisir pointe également du doigt des rappels «imprécis, tardifs et insuffisants», et dénonce une information donnée aux automobilistes à la fois «tardive», et «volontairement opaque et incomplète». Ils allèguent aussi que plusieurs constructeurs ont «continué à équiper leurs véhicules d’airbags Takata jusqu’en 2017, voire jusqu’en juin 2020» et ce, malgré les campagnes de rappel qui étaient déjà en cours à cette période.
L’association demande ainsi que «chaque acteur et chaque professionnel agisse et réponde de ses manquements». Ils avancent également le fait que des «millions d’automobilistes ont été et demeurent exposés à un risque mortel» aujourd'hui en France.