Cherchant à dégager 40 milliards d'euros d'économie dans le budget 2026, le gouvernement n'exclut pas l'hypothèse d'une «année blanche» pour y parvenir.
L'année blanche est-elle la solution ? Alors que le gouvernement cherche à réaliser 40 milliards d'euros d'économies dans le budget 2026, l'idée d'un tel gel budgétaire figure parmi les pistes évoquées.
Elle avait déjà été brièvement avancée par la ministre des Compte publics, Amélie de Montchalin, et le président du Sénat, Gérard Larcher, l'a également formulée dans une interview au Parisien publiée le 19 mai dernier.
Jugeant qu'«aucune dépense n'est sacrée», il avait alors estimé que «le gel budgétaire fait partie des pistes à explorer dans tous les domaines, y compris social». Concrètement, une année blanche pour les prestations sociales reviendrait à ne pas indexer ces dernières sur l'inflation, comme le veut l'usage.
Un sujet sensible
Habituellement, elle sont en effet revalorisées au même niveau que la hausse des prix, afin d'éviter une perte de pouvoir d'achat des bénéficiaires. Ce gel pourrait donc concerner des prestations telles que la prime d'activité, les allocations familiales ou encore les indemnités chômages.
Au-delà d'envisager l'année blanche, la question est en effet d'en délimiter le périmètre. Car elle pourrait aussi, dans une perspective plus large encore, toucher le point d'indice, base de calcul du salaire des fonctionnaires, ou même les pensions de retraites.
Sachant que ce sujet est particulièrement sensible au niveau politique et que l'exécutif ne dispose pas de la majorité, il est probable que le gouvernement n'ose pas désindexer l'ensemble des prestations sociales. Edouard Philippe est le dernier à avoir fait appel à un tel outil en 2019, en revalorisant les retraites et les prestations sociales de 0,3% seulement, alors que l'inflation atteignait 1,8%.
Le budget des collectivités dans le viseur
L'année blanche pourrait aussi être appliquée au budget des collectivités. Dans ce cas le principe serait le même et consisterait à leur donner autant en 2026 qu'en 2025, sans tenir compte de l'inflation. Cette hypothèse a notamment été évoquée lundi 26 mai, lors du premier «groupe de travail» de la conférence financière territoriale, réunissant le gouvernement et les représentants des élus locaux.
Cette perspective ne réjouit pas les principaux intéressés. Auprès de l'AFP le président de l'Association des petites villes de France, Christophe Bouillon, affirme que «les collectivités ont déjà fait beaucoup d'efforts et d'économies. Beaucoup sont à l'os. Leur demander encore plus est irréaliste, sauf à ce qu'elles mettent la clé sous la porte».
Alertant sur le «surendettement» de la France, François Bayrou a prévenu que «tous les Français» devraient faire un effort pour redresser les comptes publics. Il a ouvert la porte à une «TVA sociale» mais est globalement resté évasif jusqu'ici sur ses choix budgétaires pour trouver 40 milliards d'euros d'économies.
Le Premier ministre a promis de présenter son «plan de retour à l'équilibre des finances publiques sur trois ou quatre années» au «début du mois de juillet».