Élu dans le 18e arrondissement, Pierre-Yves Bournazel a officialisé sa candidature aux élections municipales à Paris, en 2026. Représentant d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, ce dernier est revenu pour CNEWS sur les grandes lignes de son programme, expliquant ses propositions en matière d’économie, pour les services publics, l’accessibilité, la sécurité ou encore pour la petite enfance.
Quel est votre principal levier d’action pour réduire la dette de la Ville ?
Aujourd’hui, Paris vit à crédit. Pour financer notre projet, Paris doit faire sa révolution. Maire de Paris, je restaurerai la situation économique et financière de la Ville.
Dès mars 2026, un audit financier indépendant sera lancé. Pour voir clair dans les comptes et tourner une page.
Dans un premier temps, je réduirai le train de la Ville de Paris. Cela commence par la suppression du journal «À Paris», que très peu de Parisiens lisent. Cela représente 2 millions d’euros d’économie et 35.000 arbres sur une mandature. Je supprimerai également la flotte automobile pour les élus et fonctionnaires de la Ville, soit 23 millions d’euros d’économie.
Je veux supprimer les jetons de présence des élus dans les sociétés de la Ville de Paris. J’estime que lorsque l’on est conseiller de Paris, nous n’avons pas besoin d’une rémunération supplémentaire en siégeant dans un conseil économique.
Je débureaucratiserai l'administration parisienne
Dans un second temps, je réglerai le problème de l’absentéisme des agents de la capitale. Aujourd’hui, il représente un coût de 250 millions d’euros par an pour la Ville de Paris. Je propose un grand plan de lutte contre l’absentéisme. Il prévoit la mise en place de primes incitatives. Un renforcement des passerelles entre les directions pour motiver et mobiliser les agents sur nos différents projets. Mais aussi, permettre aux fonctionnaires et aux agents d’obtenir des postes de responsabilité, grâce à leur parcours. Il est important de favoriser les promotions internes. Je compte également m’atteler sur le bien-être au travail. Cela passe par une vraie politique de formation, de prévention à la lutte contre l’absentéisme et la place du sport pour les agents et les fonctionnaires de la Ville. Cela a un impact réel sur la performance du service public.
Et enfin, demain, je débureaucratiserai l’administration parisienne. Il y a 22 directions à la Ville de Paris aujourd’hui, 42 directeurs, 35 sous-directeurs. Je ne remplacerai pas un fonctionnaire sur trois dans la bureaucratie. En parallèle, je remettrai des agents des services municipaux de la propreté, de la sécurité ou encore ceux de la petite enfance sur le terrain.
Ce sont des exemples qui permettent de faire désendetter la Ville, de ne pas augmenter les impôts et de retrouver des marges de manœuvre. Ce plan est prêt et permet de préparer l’avenir de Paris.
Que prévoyez-vous pour lutter contre l’insécurité dans Paris ?
Demain, maire de Paris, je changerai de dimension et de stratégie. Je veux être un édile qui coproduit la sécurité, en travail conjoint avec la Préfecture de Police.
Je mettrai en place une vraie police municipale, opérationnelle 24h/24 et 7j/7.
Je souhaite renforcer la police municipale et lui donner des moyens afin qu’elle puisse mener à bien ses missions. Je veux que ces agents soient davantage formés et spécialisés à des tâches, selon les quartiers, car les problématiques sont différentes. Il est nécessaire que la police municipale soit également plus nombreuse et présente, notamment la nuit. À l’issue du mandat, je veux voir ses effectifs portés à 6.000 agents. Il y a beaucoup de problèmes qui se posent aux Parisiens la nuit et la police municipale n’intervient pas. Il faut changer cela.
Je souhaite progressivement former nos policiers municipaux à l'armement
Je souhaite aussi progressivement former nos policiers municipaux à l’armement. Un policier municipal est aujourd’hui une cible car il porte un uniforme, ce qui est scandaleux. La réalité du métier fait aussi que certains agents ne peuvent intervenir convenablement pour lutter contre certains fléaux dans lesquels les délinquants ou criminels sont armés.
Je considère que former les policiers municipaux à l’armement, c’est les former à protéger les Parisiennes et les Parisiens. Même si bien évidemment, leur tâche doit rester celle de la prévention, en première ligne, face à la petite délinquance.
Au-delà de la police, je défends l’application des travaux d’intérêt général, en lien avec les parquets, pour faire en sorte que lorsque l’on commet un délit il puisse être réparé. C’est une peine de lutte contre la récidive et d’éducation. Il faut qu’il y ait une réponse, il ne peut pas y avoir des classements sans suite en permanence.
Que comptez-vous faire vis-à-vis de la vidéosurveillance ?
Il faut travailler avec la préfecture à un nouveau plan de vidéoprotection.
La vidéoprotection ne remplacera jamais les gardiens de la paix. Mais c’est un outil indispensable et pragmatique d’identification et de simplification du travail des policiers et des enquêteurs pour mieux assurer leur travail au quotidien.
Quelle est votre politique en ce qui concerne l’accessibilité dans les transports en commun ?
La gestion de l’espace public est aujourd’hui trop chaotique. Je veux mettre au cœur des déplacements le piéton et sa sécurité. Ça commence par mettre fin au chaos des chantiers. Aujourd’hui, à Paris, les travaux s’éternisent, se superposent, se répètent, sans coordination, sans lisibilité et sans pilotage.
Dès mars 2026, j’instaurerai des pénalités financières aux opérateurs pour chaque jour de retard injustifié. Ça doit être le rôle de la Ville de planifier, coordonner et contrôler tous les chantiers.
Je veux repenser la place du bus à Paris
Je veux repenser la place du bus à Paris. C’est le grand oublié de la mandature sortante. Ce transport en commun, agréable, connaît trop de retard. Il faut en faire une priorité en modernisant les dispositifs aux carrefours : des solutions numériques et automatisées permettront d’améliorer les feux de signalisation et d’assurer une vraie priorité aux bus. L’objectif est clair : des trajets plus rapides, plus fiables, et une accessibilité renforcée, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
Et pour le métro ?
Il a été conçu sans penser aux personnes à mobilité réduite. Les efforts sont immenses. Nous allons fixer des objectifs pour progressivement inverser la tendance. Il faut équiper sur chaque ligne des stations, permettant aux personnes handicapées, mais aussi les personnes avec des poussettes, es personnes âgées ou les touristes avec des valises, de pouvoir prendre les transports. Je préconise une carte « PMR» (personnes à mobilité réduite, NDLR), pour informer et permettre à chacun de prendre les transports.
La prochaine mandature doit nous permettre d’avancer et je pense qu’il faut le faire par ligne.
Ce système de cartographie se ferait en collaboration ?
Absolument. Avec la RATP et la région, au travers d’Île-de-France Mobilités et grâce à la technologie et l’intelligence artificielle éthique.
Je souhaite être un maire partenaire, qui travaille avec les autres, que ce soit l’État comme les communes voisines et les associations. Depuis des années, je porte cette idée qu’un maire doit apaiser et réconcilier sa ville.
Il y a une réelle problématique en ce qui concerne l’accès au Logement. Quelle sera votre politique si vous accédez à l’Hôtel de Ville en 2026 ?
La politique du logement exige une vision et un peu de pragmatisme.
Je mettrai fin à la préemption généralisée, sauf celle qui permet de lutter contre l’insalubrité. Lorsque l’on achète avec l’argent du contribuable des logements privés que l’on transforme en logements sociaux, on ne crée pas un logement supplémentaire et on a dépensé beaucoup d’argent. Il est nécessaire d’inventer. Je veux transformer des bureaux usagés en logements, ce qui permettrait de créer véritablement du logement.
Je veux repenser la politique d'attribution des logements sociaux
Je veux aussi repenser la politique d’attribution des logements sociaux, en la recentrant sur celles et ceux qui travaillent à Paris. Je pense aux personnels soignants, aux enseignants, aux forces de l’ordre, aux salariés modestes du privé et à leurs familles, qui font vivre Paris au quotidien. Ils doivent avoir la priorité dans l’accès au logement. Que ces personnes passent des heures dans les transports pour se rendre sur leur lieu de travail n’est pas entendable.
Il faut aussi changer d’échelle. Ma politique de logement, je la penserai avec la métropole et les communes riveraines. Notre ville ne pourra pas, à elle seule, répondre à la crise du logement. C’est pourquoi je propose la création d’un fonds commun métropolitain de l’habitat.
Grâce à ce dispositif, la Ville pourrait contribuer à la production de logements sociaux et intermédiaires au-delà de ses propres frontières, dans une logique d’aménagement équilibré du territoire. Paris va prendre sa part, mais ce n’est pas à elle seule de résoudre la crise du logement.
Avez-vous pensé à quelque chose en ce qui concerne l’encadrement des loyers ?
Je me battrai contre des loyers trop chers à Paris. Ce n’est pas possible pour les habitants. Je ne veux pas être le maire qui participe à la hausse des loyers à Paris.
Je porte l’idée, grâce aux économies réalisées, d’un fonds de solidarité, plafonné, de paiement des loyers. Si vous traversez une période difficile, impactant vos finances, vous pourrez déposer un dossier et de manière temporaire, vous pourrez bénéficier d’une aide pour financer votre logement. Cela protège le locataire et le propriétaire.
C’est une logique sociale, qui se base sur le mérite et non de l’assistance.
Quelle serait votre politique environnementale ?
La priorité du prochain mandat sera claire : réduire la pollution. C’est un enjeu de santé publique majeur et immédiat pour les Parisiennes et les Parisiens. Je n’ai d’ailleurs jamais hésité à soutenir les propositions allant dans ce sens.
Le bétonnage massif mené par l’équipe sortante, 3 millions de m² en 20 ans, n’a rien d’écologique. Il a contribué à l’asphyxie de Paris, en accentuant la pollution, le bruit, et en créant une urbanisation chaotique.
Je veux une autre vision. Moins de béton, plus d’espaces verts, pensés pour des usages culturels, sportifs et de loisirs, où chacun peut s’épanouir dans sa ville.
Dès mon élection, je lancerai une étude pour végétaliser les boulevards des Maréchaux. Je veux aussi faire de la Petite Ceinture le premier poumon vert de la capitale. Un espace continu, ouvert à tous, où l’on pourra se promener, se détendre ou faire du sport, en toute sécurité.
Je me battrai pour que le PSG reste au Parc des Princes
En tant que maire de Paris, souhaitez-vous renouer le lien avec le PSG et comment espérez-vous gérer le dossier du Parc des Princes ?
J’aime le Paris Saint-Germain. Ma boussole est simple : le PSG c’est le Parc des Princes et le Parc, c’est le PSG. Je me battrai pour que le Paris Saint-Germain reste dans ce stade en réinstaurant un dialogue serein avec les dirigeants du club. Dans le dialogue, il est possible de trouver des solutions.
Avez-vous un plan pour faciliter l’accès à des places en crèche pour les parents ?
Oui et c’est une priorité. Je veux adapter les services publics municipaux au rythme de vie des Parisiennes et des Parisiens, en particulier des familles.
Il faut être inventif et ambitieux. À chaque nouveau projet immobilier, je veux qu’on réserve des mètres carrés pour des crèches, au plus près des familles. Mon objectif est simple : «Faites garder votre enfant en bas de chez vous».
Nous devons aussi travailler main dans la main avec le monde associatif et les entreprises, car c’est ensemble que nous ferons de Paris une ville amie des familles.
Plus largement, je défends un plan global pour la petite enfance. À l’école, je veux garantir une alimentation de qualité dans les cantines, avec des repas sains et équilibrés pour nos enfants.
Je veux aussi ouvrir plus de places dans les conservatoires, en mettant fin au tirage au sort. C’est à la Mairie de Paris de trouver des locaux adaptés, pas aux familles de s’adapter à une offre trop limitée.
Mettre la famille au cœur de notre programme, c’est préparer l’avenir de Paris.
Que pensez-vous du bilan d’Anne Hidalgo en tant que maire de Paris ?
Je n’ai pas un discours de revanche. Je ne veux pas être un maire de tensions ou de querelles personnelles. Le temps est venu d’apporter une nouvelle vision pour Paris. Mon objectif, c’est de donner un nouveau souffle à notre ville et d’améliorer concrètement nos vies, au quotidien.
Je ne suis ni contre Madame Hidalgo, ni contre Madame Dati. Depuis 16 ans, mon seul fil conducteur, c’est le service des Parisiennes et des Parisiens.
Cela exige d’avoir la lucidité de reconnaître ce qui a bien été fait, je pense par exemple à certaines actions dans les écoles, qu’il faudra évidemment préserver et renforcer.
Mais mon ambition, c’est de rassembler, pas de diviser. Je veux que chaque Parisienne et chaque Parisien puisse s’impliquer dans ce nouveau mandat et ne se sente jamais mis à l’écart des décisions qui concernent leur quotidien.