La proposition de «loi Duplomb», qui vise notamment à réintroduire l'utilisation de certains pesticides comme l'acétamipride, un néonicotinoïde interdit en France depuis 2018, a été adoptée ce mardi à l’Assemblée nationale.
Un vote qui devrait accentuer la contestation du monde agricole. La «loi Duplomb», proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb, qui vise à «lever les contraintes» des agriculteurs, était passée lundi 30 juin par une commission mixte paritaire permettant l’écriture d’un texte de compromis entre députés et sénateurs. Adoptée à 232 voix contre 103 à la Chambre haute le 2 juillet, cette dernière, prévoyant de réintroduire l'acétamipride, a été adoptée à l’Assemblée nationale ce mardi par 316 voix contre 223.
✅ Adoption de la proposition de loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur, dite "Duplomb", compte tenu du texte de la commission mixte paritaire.
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Toujours autorisé au sein de l’Union européenne jusqu’en 2033, ce pesticide est interdit à l’usage agricole en France, notamment en raison de ses effets néfastes sur les pollinisateurs, particulièrement les abeilles. Composé chimique de la famille des néonicotinoïdes, c'est un insecticide systémique, ce qui signifie qu'il est absorbé par la plante et se diffuse dans toutes ses parties (feuilles, tiges, racines, fleurs), rendant la plante toxique pour les insectes qui s'en nourrissent, et donc aussi les abeilles.
C’est un pesticide à large spectre, ce qui le rend très efficace et dévastateur à la fois, puisqu’il entraîne la paralysie puis la mort des insectes en contact avec la plante.
L’insecticide étant autorisé dans bon nombre de pays européens, comme par exemple la Belgique, l’interdire en France comme c'est le cas depuis 2018 posait, selon les défenseurs du projet, un problème d’équité pour les agriculteurs hexagonaux.
Un produit controversé
La proposition de loi n’a pas été accueillie de la même manière par tout le monde. Du côté des organisations environnementales (Générations futures, Greenpeace, ...), il est inconcevable qu’un tel produit puisse être autorisé à l'usage agricole. L’argument étant la menace colossale qu’il fait peser sur les pollinisateurs et la biodiversité. Ils expriment aussi les éventuels effets neurotoxiques de ce produit sur le développement humain.
Le Conseil d'État, en tant que plus haute juridiction administrative en France, a confirmé la solidité des bases scientifiques sur lesquelles reposent les interdictions de l'acétamipride, du sulfoxaflor et du flupyradifurone. Ce qui donne un argument supplémentaire aux opposants du projet de loi.