Selon un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, publié ce vendredi 11 juillet, 73% des Français estiment que l'islamo-gauchisme existe aujourd'hui en France.
Voilà un sujet de discorde entre les Français et le ministre chargé de l'Enseignement supérieur. Interrogé lundi, Philippe Baptiste a nié l’existence de l’islamo-gauchisme à l’université. «Ce terme-là n’existe pas en tant que terme universitaire, il n’est même pas bien défini. Donc cette notion n’existe pas», assurait-il. Une position loin d'être partagée par les Français.
Selon un sondage CSA pour CNEWS, publié ce vendredi 11 juillet, 73% des sondés estiment que l'islamo-gauchisme existe aujourd'hui en France.

Dans le détail, les 50 ans et plus sont ceux qui pensent que ce terme est bien présent. La part de «non» la plus importante se trouve du côté des 18-24 ans, avec 47%. Que vous soyez CSP+ (70%), CSP- (76%) ou inactif, vous êtes également unanimes sur la question (73%).
La gauche divisée sur l'existence du terme
Fait étonnant, la question semble moins évidente à trancher du côté des sympathisants de gauche. Du côté de La France insoumise, le «non» l'emporte à 59%. Ce qui n'est pas le cas pour les autres sensibilités de cette partie de l'échiquier politique. Les Français proches du Parti socialiste et des Écologistes ne nient pas l'existence de ce terme puisqu'ils sont respectivement 62% et 55% à avoir voté oui.

Sans surprise, le «oui» l'emporte largement du côté des sympathisants de droite (86%) et d'extrême droite (88%), mais aussi pour le camp présidentiel (84%).
Un revirement ministériel
En niant l'existence de l'islamo-gauchisme, Philippe Baptiste prend donc le contrepied de sa prédécesseure Frédérique Vidal. En février 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’alors s’était mis à dos l’ensemble de la gauche et une bonne partie du monde universitaire en dénonçant l’emprise de «l’islamo-gauchisme» dans les facultés, à la suite d’incidents qui avaient secoué Sciences Po Grenoble notamment.
«Dire que l’islamo-gauchisme n’existe pas, c’est un peu comme dire que la Terre n’est pas ronde. Il y a des islamistes, il y a des gauchistes à l’extrême gauche. Et même les principaux concernés ne le nient pas, il y a des convergences qui peuvent exister entre les deux. Après, vous appelez ça "gauchismo-islamisme" vous choisissez le mot que vous voulez, la chose est là», a de son côté souligné ce vendredi l'ex-ministre de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, dans les colonnes du Figaro.
*Sondage réalisé les 10 et 11 juillet par un questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas