Après que François Bayrou a proposé de supprimer deux jours fériés, notamment le lundi de Pâques et le 8-Mai, le RN et la gauche ont menacé de voter une motion de censure en octobre prochain si cette mesure était présentée devant les députés. Voici en quoi cela consiste.
Le gouvernement de François Bayrou va-t-il tomber ? Ce mardi, le Premier ministre a présenté son projet de Budget pour l'année 2026. Dans un long discours nommé «L'Heure de vérité», le chef de l'exécutif a détaillé plusieurs mesures afin de réduire le déficit public.
Parmi elles, la suppression de deux jours fériés. Deux exemples ont été avancés : le lundi de Pâques, «qui n'a plus de signification religieuse» selon les propos de François Bayrou, et le 8-Mai, parce qu'il se situe «dans un mois rempli de ponts».
L'opposition en ordre de bataille
Deux propositions qui ont suscité l'ire de l'opposition. C'est «une attaque directe contre notre histoire, contre nos racines, et contre la France du travail. Aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui relève de la provocation», a écrit sur X le président du parti Jordan Bardella.
La suppression de deux jours fériés, par ailleurs aussi chargés de sens que le lundi de Pâques et le 8 mai, est une attaque directe contre notre histoire, contre nos racines, et contre la France du travail.
Aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui relève de la provocation.— Jordan Bardella (@J_Bardella) July 15, 2025
«CENSURE», a simplement partagé le compte officiel du Nouveau Front Populaire.
Une motion de censure pourrait être déposée en octobre
Cette menace pourrait être mise à exécution via l'utilisation de l'article 49 alinéa 2 de la Constitution et le dépôt d'une motion de censure à l'encontre du gouvernement à l'Assemblée nationale, signé par au moins un dixième des députés, soit 58 parlementaires.
Compte tenu de la composition des groupes, trois d'entre eux parmi l'opposition pourraient en déposer une : le Rassemblement national (120 membres), La France insoumise (70 membres), les Socialistes et apparentés (62 membres).
Si la motion est bien déposée, le vote pour ou contre celle-ci aura lieu au moins quarante-huit heures après son dépôt. Si la majorité absolue des députés y sont favorables, c’est-à-dire plus de 289 d'entre eux, elle est alors adoptée et le gouvernement doit démissionner, conformément aux dispositions de l'article 50 de la Constitution.
Une hypothèse probable, puisque si le RN et l'ensemble de l'opposition de gauche alliaient leurs voix (307 députés au cumulé), l'exécutif tomberait. Autre cas de figure, l'activation de l'article 49 alinéa 3 par François Bayrou.
En cas de difficulté pour faire adopter son budget, le Premier ministre pourrait mettre en jeu la responsabilité de son gouvernement. Mais cette opération serait risquée puisqu'il ne dispose d'aucune majorité nécessaire pour écarter une motion de censure.
Dans l'histoire de la Ve République, ce dispositif n'a fait chuter que deux gouvernements : celui de Georges Pompidou via l'article 49 alinéa 2 en 1962, et celui de Michel Barnier en 2024, via l'article 49 alinéa 3.