Selon une étude de l’Insee, le 15 août est le jour le moins meurtrier de l’année. Mais pourquoi ?
12% de décès en moins par rapport au reste de l’année. Entre 2004 et 2023, le 15 août a été la journée qui compte le moins de morts en 365 jours, selon l’Insee.
En effet, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le 15 août comptabilise 12% de décès en moins que le reste de l’année avec en moyenne 1.410 morts contre 1.600.
Et pour cause, il s’agit d’un jour d’été et férié. En effet, l’organisme a constaté que les mois d’été, à savoir juin, juillet, août et septembre, sont «les moins meurtriers, avec une sous-mortalité de -8% ou -9% par rapport à l’ensemble de la période». Cette diminution de la mortalité s’expliquerait notamment par une baisse de la circulation des virus saisonniers.
De plus, l’Insee a également expliqué que «les décès lors des jours fériés sont moins fréquents». Par exemple, les décès qui surviennent le 15 août sont inférieurs de 2% à ceux ayant lieu lors des 3 jours qui précèdent ou succèdent cette journée, en moyenne.
Autre exemple, le jour de Noël, «la sous-mortalité est également de -2% par rapport aux jours adjacents, même si le nombre de décès est supérieur de 10% au nombre moyen par jour du fait de la saison hivernale».
Quelles autres explications ?
Une autre donnée est également à prendre en compte : les décès à l’hôpital. Ces derniers diminuent eux aussi lors des jours fériés : «par exemple, -5% à Noël par rapport aux 3 jours précédents et suivants, contre -2% tous lieux de décès confondus».
«Ceci pourrait s’expliquer par des prises en charge moins fréquentes et un moindre nombre d’interventions programmées lors de ces jours de repos habituels», a précisé l’Institut.
Au contraire, «les décès sur la voie ou dans un lieu public augmentent la plupart des jours fériés : +23% le 1er janvier et +21% le 14 juillet par rapport aux 3 jours précédents et suivants».
Quel est le jour avec la plus forte mortalité ?
Dans son étude, l’Insee a également évoqué le jours le plus meurtrier de l’année. Ainsi, toujours de 2004 à 2023, «le 3 janvier a été le jour le plus meurtrier de l’année, avec un nombre moyen de décès de 1.900, contre 1.600 sur l’ensemble de la période, soit +19%».
«Le 3 janvier est un jour d’hiver, qui suit les fêtes de fin d’année. Le désir de passer ces fêtes avec des proches, ainsi que celui d’atteindre une nouvelle année pourrait retarder la survenue du décès des personnes en fin de vie et expliquer en partie ce pic», a indiqué l’Institut.
Sur un plan plus individuel, le risque de mourir est également plus élevé le jours de son anniversaire, et ce phénomène porte un nom : le «syndrome de l’anniversaire».
«Le risque de mourir le jour de son anniversaire est plus élevé que n’importe quel autre jour dans l’année : de 1994 à 2023, la moyenne des décès ce jour-là était supérieure de 6% à la moyenne de la période», a révélé l’Insee.
Dans le détail, «la surmortalité le jour de son anniversaire est particulièrement forte pour les décès sur la voie publique (+14%) ou au domicile (+12%)».
Ce phénomène a été constaté à l’international, notamment aux États-Unis, au Japon et en Suisse, où «les accidents de la route, les chutes et les accidents cardiovasculaires sont plus fréquents ce jour-là, ce qui pourrait s’expliquer par des excès» liés à l’alcool ou encore la fatigue «due à la fête».
Au Japon, «le risque de suicide augmente le jour de son anniversaire car cette date symbolique pourrait exacerber un sentiment de tristesse ou de solitude». Mais, à l’inverse, «le désir d’atteindre le jour de son anniversaire» pourrait également «retarder la survenue du décès des personnes en fin de vie».