En procès depuis plusieurs années avec Winamax, un parieur vient de remporter son combat. Le tribunal de Paris a condamné l’opérateur de paris sportifs à lui verser 400.000 euros, la somme de ses gains. La plate-forme refusait de lui accorder avançant que l’utilisateur avait triché.
Un pari perdant de Winamax. En bras de fer avec l’opérateur français de jeux en ligne depuis plusieurs années, un parieur a récemment appris une bonne nouvelle. Le tribunal de Paris a condamné la plate-forme à lui verser 400.000 euros, soit la somme de ses gains, relate Le Parisien.
«mon compte joueur a été clôturé»
Mais alors, pourquoi ? Cela fait des années maintenant que des affaires de ce genre se retrouvent devant les tribunaux. Avec l’ouverture à la concurrence des paris sportifs (2010), ce marché s’est largement développé, entraînant certaines dérives souvent dénoncées par les utilisateurs. Comme c’est le cas avec Winamax et le parieur en question.
L’affaire de ce dernier remonte en mars 2021. Il y a quatre ans, le joueur a remporté la somme importante de 400.000 euros, un joli pactole. Mais sa joie a été de courte durée. Alors que Winamax avait dans un premier temps validé ses paris ainsi que ses gains, il avait pu créditer son compte et recevoir un mail de la plate-forme confirmant son versement. Mais l’opérateur a finalement décidé de ne pas tenir son engagement.
«Au moment d’effectuer le virement, mon compte joueur a été clôturé. Selon eux, tous ces paris, pourtant étalés sur trois semaines, auraient été pris sans aléas. En clair, ils m’accusent d’avoir triché sans en apporter la moindre preuve», explique au Parisien l’utilisateur.
Des conditions à respecter
Pour sa défense, Winamax a rappelé l’une des clauses de ses conditions générales d’utilisation. Cette dernière précise qu’une mise est susceptible d’être annulée si «le résultat est déjà connu au moment de la prise de pari». C’est pourquoi, afin d’éviter cette annulation de la part de Winamax, il est interdit, par exemple, de parier sur des rencontres de tennis en étant à Roland-Garros. Car l’utilisateur pourrait avoir des résultats avant l’opérateur et les autres parieurs puisqu’il y a un délai entre le direct et la retransmission TV.
Le joueur peut alors miser sur une côte avant que celle-ci ne soit changée par la plate-forme. Une technique justement utilisée par le parieur en procédure avec Winamax. Ce dernier avait alors placé des mises sur cinq paris combinés, répartis sur plusieurs sports, semaines et continents. Et comme le souligne l’avocat du parieur, Me Matthieu Escande, au Parisien, «pour tricher, il aurait fallu qu’il soit dans les stades au moment des matchs, ou qu’il ait des informateurs sur place, jusqu’en Colombie ou en Australie».
Des gains remportés en «Cash out»
Ce dernier précise même que, selon Winamax, le parieur en question «avait moins de chance de remporter ses paris que de gagner au Loto». Mais pour sa défense, le joueur a été prévoyant en prenant des captures d’écran et les données de Sportradar, le fournisseur officiel de résultats pour Winamax, confirmées par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ).
De plus, l’avocat du parieur a rappelé que son client avait retiré ses gains avant la fin des résultats sportifs grâce au «Cash out» de Winamax. Cette option permet d’assurer un certain gain en cas de doute sur la fin d'une éventuelle rencontre.
S’il avait été jusqu’au bout, le parieur aurait pu encaisser même 625.000 euros puisque l’ensemble de ses paris étaient bons. De quoi convaincre les juges, estimant que le joueur n’aurait pas arrêté en cours de route s’il connaissait les résultats. Le tribunal a donc jugé que Winamax n'avait pas été en capacité de prouver la triche. Ce genre d’attitude laisse donc penser que l'opérateur serait mauvais perdant.