Alors que la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé vendredi «la fermeture, au moins partielle» de la prison pour mineurs de Marseille, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est également dit prêt à procéder à la fermeture de l’établissement.
Des conditions d'incarcération indignes. Dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Marseille-La Valentine, «des mesures urgentes doivent être prises pour remédier à l'indignité des conditions matérielles de prise en charge des mineurs détenus et aux conséquences catastrophiques de la démobilisation et de l'absence du personnel pénitentiaire et éducatif», a dénoncé vendredi la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot.
C’est une recommandation «très rare mais je ne vois pas autre chose que de fermer pour rouvrir dans de meilleures conditions», a-t-elle précisé.
Si Gérald Darmanin a indiqué avoir ordonné une inspection de l'établissement, avec «un pré-rapport attendu sous un mois», le ministre de la Justice a par ailleurs annoncé sa volonté de fermer la prison. Après avoir reconnu les lacunes du système carcéral français dans un entretien accordé à la Voix du Nord vendredi, le Garde des Sceaux a en effet affirmé la fermeture de l’établissement pour les mineurs de Marseille, «si les choses sont confirmées».
L’échec de la mission des EPM
La prison marseillaise dispose de 59 places exclusivement pour des garçons âgés de 13 à 18 ans, dans une ville où les mineurs sont de plus en plus impliqués dans les trafics de drogue.
Alors qu’elle a été inspectée du 7 au 11 juillet par la contrôleure générale et cinq inspecteurs, un rapport a révélé des détails infamants tels que les murs des cellules «couverts de graffiti, dont la couleur et la texture évoquent parfois de la matière fécale ou du sang».
Ouverts en 2007, les six EPM du territoire hexagonal avaient pour mission de pallier les dysfonctionnements des quartiers des mineurs des prisons en donnant la priorité à l'éducatif.
La CGLPL et l'Observatoire international des prisons ont toutefois pointé le fort taux d'absentéisme du personnel, qui aurait entraîné aussi bien le «surenfermement» que la privation de scolarité.