Un courrier du ministère de l'Intérieur a été transmis aux préfets afin qu'ils se préparent à la mobilisation «Bloquons tout» prévue le 10 septembre. Il identifie notamment les site à protéger en priorité.
Né sur les réseaux sociaux cet été, le mouvement «Bloquons tout» prépare des actions dans toute la France le 10 septembre. Au lendemain de la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, le ministère de l'Intérieur mobilise les préfets et demande la plus grande vigilance autour de certaines infrastructures.
Dans un télégramme adressé à ces hauts-fonctionnaires, la place Beauvau met en garde contre de possibles troubles à l'ordre public ce jour-là, notamment le potentiel blocage de sites essentiels au bon fonctionnement du pays.
D'après le ministère de l'Intérieur, les infrastructures à protéger en priorité sont les gares, ports, aéroports, transports en commun, axes routiers structurants, les dépôts pétroliers, plate-formes logistiques, les centrales électriques, les usines d'incinération des déchets et sites de traitement des eaux ou encore les principaux centres d'approvisionnement du pays comme le marché de Rungis. Les établissements d'enseignement, notamment universitaires ou secondaires, sont également identifiés.
Protéger les bâtiments publics
L'attention des préfets est attirée sur le fait que tout blocage de ces infrastructures devra être évité ou levé dans les plus brefs délais. Plus largement, il leur est demandé de sanctionner toute dégradation de bâtiments publics, en procédant à l'interpellation systématique des auteurs.
S'ils le jugent pertinent, ces hauts-fonctionnaires sont par ailleurs encouragés à renforcer la sécurité autour des institutions de la République : assemblées parlementaires et sièges du pouvoir exécutif ou de l'autorité judiciaire. Le ministère de l'Intérieur appelle également à une attention particulière concernant les sites susceptibles «d'incarner le capitalisme».
Il est difficile de prévoir l'ampleur du mouvement «Bloquons tout», mais des rassemblements sont a priori prévus dans toute la France. Lorsqu'ils sont légalement déclarés, le ministère demande aux préfets d'organiser les conditions de sécurité adéquates à leur déroulement. Les forces de l'ordre doivent être mobilisées et prêtes à réagir en cas «d'actions ponctuelles et peu prévisibles».
Protéiforme, le mouvement «Bloquons tout» regroupe des électrons libres penchant souvent à gauche, d'anciens Gilet jaunes, des militants de parti politique comme LFI et des syndicats comme la CGT. Parmi les raisons de leur colère, ces Français citent notamment l'«élite politique qui travaille pour les milliardaires», les «avantages sociaux qui s'étiolent» ou encore le «déni de démocratie».
Les annonces budgétaires de François Bayrou ont attisé le mécontentement et la perspective d'un vote de confiance à l'Assemblée lundi semble avoir renforcer la détermination des manifestants. D'après les différents appels à la mobilisation, notamment publiés sur les réseaux sociaux, les actions envisagées vont de la grève de la carte bleue à des manifestations, blocages de sites stratégiques et sabotages de radars ou distributeurs de billets.