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Possible nouvelle baisse de taux de la BCE : quelles seraient les conséquences concrètes pour les Français ?

Les taux directeurs de la BCE pourraient baisser dans les semaines à venir. [Kirill KUDRYAVTSEV / AFP]

Le gouverneur de la Banque de France a expliqué ce vendredi qu’une nouvelle baisse de taux de la BCE au cours des prochaines réunions était «tout à fait possible». Elle aurait notamment pour conséquence de faire fluctuer l'inflation européenne.

Alors que la Banque centrale européenne a décidé de maintenir ses taux directeurs, le gouverneur de la Banque de France a estimé qu’il était possible que ces taux baissent dans les semaines à venir. Cela aurait notamment pour conséquence de faciliter les emprunts, pour les nations européennes dont la France, avec un impact direct sur l’inflation.

Concrètement, la baisse des taux directeurs de la BCE a plusieurs impacts économiques : une baisse générale des taux d'intérêt, en particulier pour les crédits aux entreprises et les crédits immobiliers. Les entreprises pourront investir plus facilement, donc embaucher plus. De même, les ménages pourront plus simplement financer leurs projets immobiliers.

En revanche, il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour les épargnants, qui vont subir une baisse de rendement sur plusieurs de leurs produits d'épargne. C’est notamment le cas pour les 57 millions de Français qui disposent d’un Livret A, mais aussi ceux qui possèdent un Livret d’épargne populaire (LEP).

Même sort pour les autres solutions d'épargne, comme les livrets bancaires non réglementés, les «super livrets» distribués en ligne, ou les comptes à terme (CAT). Leur rémunération, fixée librement par les banques, suit de façon mécanique les ajustement de la BCE. Seules les assurances vie ne devraient pas être impactées.  

Autre conséquence : la baisse de l’euro. Puisque les investissements en euros seront moins intéressants, la valeur de l’euro chutera par rapport aux autres monnaies : on parle de dépréciation. La dépréciation a de multiples conséquences, et notamment de faire augmenter les exportations de la zone euro, et diminuer les importations.

La hausse d’investissement des entreprises et de consommation des ménages a par ailleurs tendance à faire grimper les prix. Pour la BCE, qui agit avec toujours beaucoup de précaution, cette baisse n’aurait qu’un effet limité, et permettrait d’atteindre l’objectif général de 2% d’inflation par an.

Une potentielle baisse à venir

«Rien n'est prédéterminé à l'avance, mais il est tout à fait possible qu'il y ait une autre baisse de taux dans les réunions qui viennent», a déclaré François Villeroy de Galhau, estimant que, concernant l'inflation, «les risques sont plutôt à la baisse dans le futur proche».

Le gouverneur a tenu ces propos au lendemain du maintien de ses taux directeurs par la Banque centrale européenne. L'inflation «se situe actuellement autour de l'objectif à moyen terme de 2%» et les perspectives d'inflation sont «globalement inchangées», avait observé la banque centrale.

François Villeroy de Galhau a souligné qu'il avait été «beaucoup discuté», au cours de cette réunion, des risques dans les deux sens pesant sur l'inflation. «Nous avons été plusieurs, dont moi, à souligner les risques plutôt à la baisse sur l'inflation dans le futur proche», a-t-il ajouté, et de nature à la faire passer sous 2%.

Pas de risque d'inflation 

Parallèlement, «nous avons regardé s'il y avait des risques d'inflation à la hausse», a poursuivi le gouverneur, jugeant «clair» que «l’accord conclu avec les États-Unis fin juillet (imposant des droits de douane de 15% aux produits européens entrant aux Etats-Unis, NDLR) n'entraînera pas, lui, d'inflation supplémentaire en Europe». 

«Donc les risques à la hausse sur l'inflation me paraissent plus faibles que les risques à la baisse». Il a estimé qu'en matière de taux, la BCE devait, «plus que jamais, montrer un pragmatisme agile», c'est-à-dire «décider en fonction des données et des prévisions» mais être «prêt(e) à bouger s'il le faut».

Il a relevé que «l’interprétation des marchés» après le statu quo de jeudi avait «peut-être montré une certaine exagération dans l'interprétation restrictive» : l'euro a grimpé, les marchés semblant avoir compris que les taux de la BCE seraient sur pause pendant une durée prolongée.

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