Marine Le Pen était l’invitée de CNEWS ce mardi 16 septembre. Interrogée notamment sur le Premier ministre Sébastien Lecornu, le nouveau budget attendu, la grogne sociale et la reconnaissance de la Palestine, voici ce qu’il faut retenir de l’interview de la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national.
Marine Le Pen était l’invitée de la Grande Interview de CNEWS et Europe 1 ce mardi 16 septembre. La cheffe de file des députées du Rassemblement national est longuement revenue sur les enjeux des prochains jours.
Rencontre avec Sébastien Lecornu
Nommé il y a tout juste une semaine Premier ministre, Sébastien Lecornu poursuit les rencontres avec les différents partis politiques français. Ce mardi 16 septembre, il doit notamment recevoir Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Si elle n’a pas d’illusion sur une potentielle entrée au gouvernement, Marine Le Pen se rend à Matignon pour «porter la voix des 11 millions d’électeurs du Rassemblement national. Pour porter la voix du premier groupe de députés à l’Assemblée nationale» et pour mettre en garde Sébastien Lecornu sur les risques d’un retour «aux sources socialistes».
«Le socialisme est la source du macronisme et c’est contraire à l’aspiration majoritaire du pays. Cela ne peut qu’entraîner la perpétuation d’une crise politique et sociale dont Sébastien Lecornu sera certainement la victime», a mis en garde Marine Le Pen.
La taxe dite Zucman
Elle revient au cœur des débats pour le budget et est ardemment souhaitée par la gauche : la taxe dite Zucman. Cette dernière, qui porte le nom de l’économiste Gabriel Zucman, consiste en un impôt sur les patrimoines les plus riches et pourrait rapporter 20 milliards d’euros par an.
«Concernant la taxe Zucman, notre problème essentiel, c’est qu’elle touche les biens professionnels. Nous avons une autre proposition qui permet de préserver la résidence principale ou unique, et d’exonérer 75% des parts de PME, cela s’appelle l’impôt sur la fortune financière», a expliqué Marine Le Pen.
«Je suis pour un nouvel impôt, il n’est pas anormal que ceux qui sont les plus riches dans notre pays, participent aux règlements des difficultés», a-t-elle toutefois admis, ajoutant vouloir supprimer l’impôt sur la fortune immobilière.
Autre problème de taille pour Marine Le Pen, «les dépenses toxiques», que son parti et elle souhaitent attaquer sur quatre axes : «la contribution nette à l’UE, le coût de l’immigration, le train de vie de l’Etat, et la fraude».
Une colère compréhensible
Face à la grogne sociale qui touche le pays et à la multiplication d'appels à la manifestation, notamment ce jeudi 18 septembre, Marine Le Pen a estimé que la colère du peuple était plus que compréhensible.
«On peut très bien comprendre la colère des Français à cause de la manière dont le pays est géré. Ce qui est éminemment condamnable, c’est que depuis des années, toutes les revendications sociales, toutes les manifestations sociales ont été investies par l’extrême gauche et par les éléments les plus violents qui ont réussi à les pourrir toutes», a néanmoins déploré Marine Le Pen.
Une violence notamment à l’encontre des forces de l’ordre que dénonce la députée du Pas-de-Calais. Ces personnes agissent avec «une impunité totale. Elles ont le sentiment que d’attaquer un policier, ça peut ne pas avoir de grandes conséquences. Il faut sacraliser nos forces de l’ordre», a-t-elle martelé, ajoutant : «L’impunité est une hormone de croissance de la violence».
Lutter efficacement contre l’immigration
Interrogée sur la pétition menée par Philippe de Villiers pour un référendum sur l’immigration, qui a dépassé le million de signatures, Marine Le Pen a indiqué ne pas faire partie des signataires. «Je ne signe pas de pétition, je dépose des propositions de loi», a-t-elle expliqué.
Toutefois, la cheffe de file des députés RN a ajouté : «Je ne peux qu’être d’accord pour la mise en œuvre d’un référendum constitutionnel non pas seulement sur l’immigration mais pour intégrer le droit des étrangers afin de pouvoir décider de notre politique migratoire».
Reconnaissance de la Palestine
Le 22 septembre prochain, Emmanuel Macron s’est engagé à reconnaître l’État de Palestine. Une mauvaise décision selon la députée du Rassemblement national.
«Nous avons toujours été pour l’existence de deux Etats mais c’est le moment qui est catastrophique. Le faire maintenant, donner quitus au Hamas et leur dire : “Nous allons vous donner, vous, groupement terroriste, un pays avec tous les moyens et la puissance que cela peut représenter”. Le signal est donc catastrophique», a estimé Marine Le Pen.
Selon elle, le choix de reconnaître la Palestine n’est qu’une manœuvre électorale de la part d’Emmanuel Macron, pour récupérer les voix des pro-palestiniens lors des prochaines élections.