En prévision de la «journée noire» du jeudi 18 septembre marquée par une mobilisation intersyndicale, le ministre de l'Intérieur a annoncé le déploiement de plus de 80.000 policiers et gendarmes, renforcées par 26 véhicules blindés «Centaure», utilisés dans certaines unités depuis 2022.
Afin d'éviter les débordements potentiels des 5.000 à 10.000 personnes «qui viendront pour la bagarre, pour la casse, animés d’une haine anti-flic», selon le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, lors de la journée d'action intersyndicale du 18 septembre, 26 blindés Centaure seront déployés afin de renforcer les dispositifs de sécurité.
Le programme Centaure, dont le déploiement a démarré en 2022, prévoit la répartition de 90 véhicules blindés entre plusieurs unités de gendarmerie (escadrons de gendarmerie mobile, antennes GIGN, Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie...) afin d’assurer un moyen opérationnel de protection des Français, des gendarmes et du territoire national. Ce programme fait d'ailleurs l'objet d'un budget conséquent puisqu'à 744.000 euros pièce, il a fallu verser 67 millions d'euros pour acquérir la totalité de cette flotte.
Affichant des dimensions de poids lourds de classe trois (3,82 m de haut, 7,5 m de long et 2,94 m de large), une garde au sol particulièrement élevée et plus de 300 chevaux sous le capot, le Centaure est un véhicule d’intervention polyvalent, un 4x4 de 14,5 tonnes, pouvant transporter dix personnels (trois opérateurs et sept passagers), conçu pour appuyer les unités de gendarmerie départementale, mobile ou spécialisée lors de leurs interventions, notamment grâce à sa protection blindée.
Catastrophes naturelles
Sur le terrain, la plus-value du Centaure est multiple. Le blindé permet aux gendarmes de soutenir la population lors de catastrophes naturelles (ouragans, inondations…), en allant au plus proche du sinistre. Grâce à ses quatre roues motrices, ses capacités de franchissement, de poussée et de traction (12 tonnes masse immobilisée, soit le poids d’un bus à vide, et 31 tonnes sur roue) lui permettent d’accéder facilement à un grand nombre de terrains.
Sa capacité d’emport de sept passagers permet de transporter des personnels militaires ou non-militaires, comme des équipes médicales, au plus près de la cible. Son emploi peut être décidé à différents niveaux d’autorité en fonction des événements et de leur intensité. Pour permettre cette polyvalence et cette adaptabilité, le Centaure a été pensé et conçu de manière complètement modulaire, comme un véritable couteau suisse, lui permettant de rester adapté aux évolutions de la technologie dans les années à venir.
Attaques terroristes
Grâce à ses équipements modulables, le Centaure - comme de très nombreux moyens de la gendarmerie – adapte donc son action à la situation et permet un usage gradué de la force. Pour répondre à une situation de graves troubles à l’ordre public par exemple, il peut tirer des grenades lacrymogènes, afin de maintenir à distance ou faire se disperser des individus violents. En cas de menaces plus graves, comme une attaque terroriste, qui impliqueraient le recours à la force armée, le Centaure peut être équipé d’une mitrailleuse 7,62 mm téléopérée.
Pour des hauts niveaux de crise, ce véhicule blindé dispose également d’un système de détection des tirs adverses nommé «Pilar V», déjà utilisé au sein des armées, et d’une protection NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique) complète.
Une capacité adaptée lors de son emploi en OPEX (opérations extérieures), que ce soit en appui des forces de sécurité intérieure locales pour aider à stabiliser un territoire, ou directement intégré dans un convoi militaire. Le Centaure est aussi équipé d’une caméra longue distance d’une portée de 9 km, permettant de voir de jour comme de nuit grâce à sa vision thermique.
Fabriqués en Alsace, par Soframe, une entreprise française, les 90 véhicules du programme Centaure seront intégralement déployés d’ici à la fin de l'année.