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Fiscalité : qu’est-ce que l’impôt sur la fortune financière, que Marine Le Pen souhaite créer ?

Marine Le Pen veut protéger le patrimoine immobilier des Français. [REUTERS/Tom Nicholson]

Cheffe de file du Rassemblement national à l’Assemblée, Marine Le Pen poursuit la présentation de son impôt sur la fortune financière. Une version revisitée de l'ancien ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), et différente de l'actuel IFI (Impôt sur la fortune immobilière), qu'elle considère comme plus juste.

Financer des politiques utiles. Marine Le Pen avait déjà évoqué son impôt sur la fortune financière (IFF) le 16 septembre dernier sur CNEWS. Ce dimanche 21 septembre, elle en a poursuivi l’exposé dans les colonnes du JDD.

«Avoir une très grosse fortune n’est pas un totem d’immunité», avait ainsi déclaré Marine Le Pen sur notre antenne. Une position que défend donc fermement la députée du Pas-de-Calais avec sa proposition d’impôt sur la fortune financière.

«Il serait calqué sur l’ancien ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), mais avec une grande différence : la résidence principale ou unique en serait exclue», a-t-elle expliqué au JDD. Marine Le Pen a pris comme exemple celle de la «maison familiale» estimant que «ce bien d’enracinement ne doit pas être fiscalisé» si les propriétaires habitent de manière permanente dans une location. Les résidences secondaires seraient, elles, inclues dans le calcul de taxation.

Par ailleurs, contrairement à la taxe Zucman, «nous excluons aussi les biens professionnels», a poursuivi Marine Le Pen. Une exclusion, qui selon elle, permettrait d’encourager «l’investissement dans les PME (petites et moyennes entreprises) et les ETI (entreprises de taille intermédiaire), 75% des parts détenues dans ces entreprises seraient exonérées.»

Cette proposition n'est pas une nouveauté politique du Rassemblement national. Le parti l'avait déjà présentée comme l'une des principales mesures dans son programme pour la présidentielle de 2022 et pour les législatives de 2024. Présentée en opposition à l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière, une «entrave à la conservation et la transmission des patrimoines et épargne de tout effort contributif les fortunes exclusivement mobilières», l'impôt sur la fortune financière permettrait de taxer la spéculation.

Avec l'IFF, les placements financiers (assurance-vie, créances, bons du trésor…) pourraient ainsi revenir dans les biens imposables. Il y aurait également un grand retour de la taxation sur les œuvres d'arts de moins de dix ans, considéré comme à but spéculatif par le RN, et exclu depuis 1982 de ce qui s'appelait à ce moment-là l'impôt sur les grandes fortunes (IGF). À savoir si l'IFF comprendrait également comme avant avec l'ISF les véhicules (voitures, bateaux de plaisance, avions de tourisme), les chevaux de course, les bijoux, or et métaux précieux non exonérés.

DES RENTRÉES D'ARGENT INFÉRIEURES À L'ISF

De plus, le nouvel impôt de Marine Le Pen rapporterait environ 3 milliards d’euros par an selon le chiffrage du RN et permettrait de financer «la part fiscale pleine dès le deuxième enfant» qui entrainerait une baisse des impôts des familles. 

Avant sa suppression en 2017, l'ISF rapportait 5 milliards d'euros aux caisses de l'État chaque année. Cette mesure pourrait cependant faire gagner près d'un milliard d'euros en plus que l'IFI (2,2 milliards d'euros en 2024).

Avec son IFF, Marine Le Pen pourrait supprimer ainsi l'impôt sur la fortune immobilière qu'elle juge injuste. «Cela dépossède les Français du patrimoine immobilier de notre pays au bénéfice des assurances, des fonds de pension américains où je ne sais quoi d'autre. Les Français doivent rester propriétaires de leur patrimoine», avait-elle martelé sur CNEWS. 

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