Très attendu, le rapport des Sages de la rue Cambon sur le budget public alloué à France Télévisions doit être publié ce jour. Et dans le monde de l’audiovisuel, l’inquiétude est palpable : d’importantes coupes budgétaires sont attendues.
Ce mardi 23 septembre, le rapport de la Cour des comptes sur le financement public de France Télévisions est attendu au sein de l’audiovisuel public.
Il y a quelques jours, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, l’Arcom, ainsi que plusieurs acteurs du secteur, ont tiré la sonnette d’alarme face aux coupes budgétaires envisagées par l’État. Selon eux, ces réductions font peser «un risque très fort» sur l’ensemble de la filière.
Un constat alors que plusieurs voix plaident en faveur d'une privatisation de l'audiovisuel public, ou défendent «une réforme nécessaire», à l'instar de la ministre de la Culture Rachida Dati.
D’après ces informations, le gouvernement Bayrou démissionnaire envisageait de demander un effort budgétaire supplémentaire «de l’ordre de 65 millions d’euros» à France Télévisions en 2026, après une réduction de 50 millions en 2025. La présidente du groupe public espère que ce chiffre soit revu à la baisse.
Et effectivement, le montant a bien été revu… mais à la hausse, semble-t-il. Selon La Correspondance de la presse, les économies demandées à France Télévisions atteindraient désormais 90 millions d’euros, dont 50 à 60 millions d’euros seraient ponctionnés sur la création, et 20 millions sur les programmes de flux.
«Le secteur n’a jamais connu un tel choc économique», estime Delphine Ernotte Cunci, alors que sont attendus : une baisse du financement des programmes de flux (hors création et information), une réduction des investissements dans le sport, une suppressions de postes, mais surtout, «une baisse extrêmement forte sur les engagements de création».
Aujourd’hui, la dotation publique annuelle accordée à France Télévisions s’élève à 2,57 milliards d’euros. Mais le rapport de la Cour des comptes, attendu ce mardi, pourrait bien tout remettre en question.
Le secteur de l’audiovisuel s’élève contre ces coupes budgétaires.
Le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a mis en garde contre les «conséquences profondément délétères pour l’ensemble de l’écosystème » que pourraient engendrer les coupes budgétaires envisagées par l’État. Il les juge «trop brutales, tant par leur soudaineté que par leur intensité».
Une réduction de 60 millions d’euros en 2026, voire de 90 millions dans le pire des scénarios, représenterait, selon lui, «85 épisodes de 52 minutes, une quarantaine de soirées par an, ou, pour le résumer, une case de fiction en moins sur France Télévisions».
Même Rodolphe Belmer, PDG du groupe privé TF1, s’est dit «très mobilisé sur ce sujet», rappelant que France Télévisions finance près d’un tiers de la production de fiction audiovisuelle en France.
Delphine Ernotte Cunci appelle ainsi à un engagement plus ferme des responsables politiques en faveur de l’audiovisuel public. «Il y a une vraie contradiction entre l’ambition assignée à l’audiovisuel public et les moyens qui lui sont accordés», déplorait-elle dans un entretien accordé au Monde, le 18 septembre dernier.
Et l’horizon ne semble pas s’éclaircir : des économies supplémentaires sont déjà envisagées pour 2027 et 2028, à hauteur d’environ 60 millions d’euros par an. À ce rythme, certains craignent qu’il ne reste quasiment plus de financement d’ici à 2030. Quels secteurs seront touchés ? Les effectifs risquent-ils d’être réduits ?
Dans l’attente de la composition du gouvernement de Sébastien Lecornu, aucune réponse claire n’a encore été apportée.