Sébastien Lecornu a récemment annoncé vouloir mettre fin aux avantages accordés «à vie» aux anciens Premiers ministres. Mais quel budget représente réellement cette mesure ? Et quels ex-chefs de gouvernement coûtent le plus cher à l’État ? Le point sur les chiffres de l'an passé.
1,58 million d’euros. C’est le budget annuel consacré par l’État aux anciens Premiers ministres. Une enveloppe que Sébastien Lecornu souhaite ramener à zéro, en supprimant définitivement les avantages accordés «à vie» aux ex-chefs de gouvernement.
Selon une étude de Statista, réalisée à partir des données publiées par l’Assemblée nationale, ces dépenses, qui couvrent notamment le personnel et les véhicules de fonction, mais pas la protection policière, ont augmenté de 23% par rapport à 2022.
Une information bonne à rappeler, alors que les derniers gouvernements, et Premiers ministres, n’ont cessé de rappeler aux Français la nécessité de faire des «économies» afin de résorber la dette.
Mais qui sont les plus dépensiers parmi les anciens Premiers ministres ? Statista a dressé le classement des huit ex-chefs de gouvernement les plus coûteux pour les finances publiques en 2024.
Dominique de Villepin
En tête du palmarès figure Dominique de Villepin. D’abord ministre des Affaires étrangères (2002 - 2004), où il s’est illustré par son célèbre discours à l’ONU contre l’invasion de l’Irak, il a ensuite occupé le poste de Premier ministre de Jacques Chirac entre mai 2005 et mai 2007.
En 2024, ses avantages ont coûté 207.072 euros à l’État, dont 200.000 euros consacrés au personnel et près de 7.000 euros pour son véhicule.
Des dépenses importantes, auxquelles il a toutefois accepté, a-t-il dit, de renoncer publiquement, sur le plateau du 20 20 de M6, face à Anne-Sophie Lapix.
Bernard Cazeneuve
À la deuxième place du classement figure Bernard Cazeneuve, dernier Premier ministre de François Hollande, de décembre 2016 à mai 2017. Il avait avant cela occupé le poste de ministre de l’Intérieur et avait notamment dû gérer les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.
En 2024, son nom avait même été évoqué pour un retour à Matignon, avant que François Bayrou ne lui soit finalement préféré.
Ses avantages ont représenté 198.290 euros à la charge du contribuable, dont environ 180.000 en dépenses liées au personnel et 20.000 liées à ses déplacements.
Lionel Jospin
Enfin, pour compléter ce podium, on retrouve Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002 sous la présidence de Jacques Chirac.
Figure de l’alternance, il a incarné l’espoir du Parti socialiste à la présidentielle de 2002. Mais, à la surprise générale, il a été éliminé dès le premier tour, devancé par Jacques Chirac (UMP) et Jean-Marie Le Pen (Front national).
En 2024, 157.657 euros lui ont été comptabilisés, dont près de 149.000 euros pour le personnel et 8.000 euros pour les charges liées à ses déplacements.
Edith Cresson
Première femme à occuper le poste de Première ministre en France, Édith Cresson, membre du Parti socialiste, a dirigé le gouvernement sous la présidence de François Mitterrand de mai 1991 à avril 1992.
Elle a présenté sa démission après une chute brutale de sa cote de popularité, et de celle du PS.
En 2024, ses dépenses se sont montées à 157.223 euros divisés comme suit : environ 152.000 euros pour son personnel et 5.000 euros pour ses déplacements.
François Fillon
Il restera dans l’histoire, malheureusement, pour l’affaire des emplois fictifs de son épouse Pénélope. Mais avant ce scandale, François Fillon a été le seul et unique Premier ministre de Nicolas Sarkozy, en fonction de mai 2007 à mai 2012.
En 2024, ses avantages ont représenté 149.089 euros, dont près de 146.000 euros pour le personnel et approximativement 3.000 euros pour ses déplacements.
Manuel Valls
Premier ministre de 2014 à 2016 sous François Hollande, Manuel Valls a pendant un temps disparu des radars. Jusqu’à la chute du gouvernement Bayrou, il occupait le poste de ministre des Outre-mer de la France.
Ses avantages se sont élevés à 123.058 euros, dont près de 110.000 euros pour le personnel et 10.000 euros pour ses déplacements.
Élisabeth Borne
En bas du classement figure Élisabeth Borne. À la tête du gouvernement de mai 2022 à janvier 2024, elle reste connue pour avoir eu recours à plusieurs reprises à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution.
Elle aussi a fait un retour en politique en intégrant le gouvernement Bayrou en tant que ministre de l’Éducation. En 2024, elle a coûté 110.779 euros à l’État, dont un peu plus de 80.000 euros pour le personnel et environ 30.000 euros pour les véhicules.
Enfin, rappelons que les anciens Premiers ministres ne peuvent pas bénéficier de leurs avantages lorsqu’ils occupent une fonction publique ou un mandat électif, à l’instar d’Édouard Philippe, maire du Havre, ou de Jean Castex, qui occupe le poste de président de la RATP depuis 2024.
Depuis leur nomination au gouvernement Bayrou, Élisabeth Borne et Manuel Valls n’ont donc pas profité de ces avantages liés à leur ancien poste de chef de gouvernement.