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Sébastien Lecornu annonce «retirer la suppression de deux jours fériés» dans son projet pour résorber la dette

Pour remédier à «l'immobilisme» qui a provoqué la chute des gouvernements de François Bayrou et Michel Barnier, le Premier ministre a appelé à une «rupture dans la manière de gouverner avec le Parlement». [Reuters]

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce samedi son intention de supprimer une proposition phare de son prédécesseur François Bayrou : le choix de retirer deux jour fériés. Il souhaite également présenter un «grand acte de décentralisation au Parlement».

Sébastien Lecornu plaide pour une «rupture dans la manière de gouverner». Le nouveau chef du gouvernement a annoncé ce samedi 13 décembre, au cours d'une longue interview aux quotidiens régionaux Ouest-France et La Provence, qu'il allait revenir sur la suppression de deux jours fériés, prévue par son prédécesseur François Bayrou pour réduire le déficit budgétaire. 

«J'ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés», a promis le nouveau Premier ministre, revenant sur la proposition de François Bayrou de supprimer les jours fériés du lundi de Pâques et du 8-Mai pour participer à l'effort budgétaire de la France. De son côté, Sébastien Lecornu a plutôt tablé sur «le dialogue avec les partenaires sociaux» pour trouver «d'autres sources de financement». 

«J'entends ce que disent nos concitoyens : ils veulent que le travail paie», a-t-il souligné, souhaitant «ouvrir une réflexion sur le rapport que l'on a au travail». «Retirer la suppression des jours fériés exigera de trouver d'autres sources de financement», a cependant alerté le nouveau locataire de Matignon, ce qui nécessitera un «dialogue avec les partenaires sociaux, la démocratie sociale» afin que «le paritarisme» fonctionne pour «fondamentalement protéger le travail». 

L'appel d'une «discussion moderne et franche» avec la gauche

Au cours de cet entretien avec nos confrères de la presse régionale, le Premier ministre a défendu «une rupture dans la méthode pour gouverner». Partisan du slogan : «Ni instabilité, ni immobilisme», le chef du gouvernement a rappelé : «C'est la première fois sous la Ve République que les parlementaires - et singulièrement les députés - ont autant de pouvoir». De ce fait, selon lui, «une partie des responsables politiques, y compris ceux qui sont au gouvernement, vont devoir complètement réinventer la manière de travailler avec les parlementaires». 

Pour remédier à «l'immobilisme» qui a provoqué la chute des gouvernements de François Bayrou et Michel Barnier «par manque de consensus politique», l'ancien ministre des Armées a appelé à une «rupture dans la manière de gouverner avec le Parlement», afin de prendre des mesures décisives avant l'élection présidentielle de 2027. Il a partagé sa volonté de «présenter un grand acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale au Parlement», avec des «consultations rapides dès la semaine prochaine».

Avec ses 210 députés, «le socle commun est la première plateforme politique à l'Assemblée nationale», a rappelé Sébastien Lecornu, s'adressant - avec ironie - à «ceux qui se revendiquent premier groupe à l'Assemblée et ceux qui estiment avoir la principale alliance de l'autre». Ainsi, «dans une démocratie parlementaire, c'est à la principale coalition que revient la responsabilité de former un gouvernement», a souligné le Premier ministre, qui a réclamé : «Avant de discuter avec les oppositions, il faut d'abord de la clarté au sein de ce socle commun». Conscient que cela demandera un dialogue et des compromis avec les oppositions, il a partagé son souhait d'«une discussion parlementaire, moderne et franche, de très bon niveau avec le PS, les Écologistes et le Parti communiste». 

«Il faut que l'on définisse ce que l'on attend de l'État, au moment où les attentes seront de plus en plus fortes, notamment sur le régalien», a-t-il proféré, appelant à ce que «les administrations soient sous l'autorité directe des ministres, des préfets ou d'un élu local». 

Des économies sur les «privilèges à vie» d'anciens membres du gouvernement

Après avoir présenté son plan pour la Santé lors de son premier déplacement à Mâcon (Saône-et-Loire) ce samedi, le Premier ministre a proposé une idée pour «faire des économies dans les comités, délégations et office de l'État».

«Je vais demander à des hauts fonctionnaires en retraite, donc libres de toutes attaches, de gauche comme de droite, d'examiner tout cela», a-t-il déclaré, avant d'insister sur sa volonté de «faire le ménage». «Je m'assurerai que les décisions prises soient vite suivies d'effets», a martelé le ministre, qui a en ligne de mire la «fin aux derniers privilèges qui sont encore accordés 'à vie' à certains anciens membres du gouvernement». Un entretien qui risque d'attirer l'attention des détracteurs de Sébastien Lecornu. 

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