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Chikungunya, dengue, Zika et West Nile : quelles sont les régions les plus touchées ?

Dans les Alpes-Maritimes, les autorités locales ont multiplié les opérations de démoustication et de sensibilisation auprès des habitants. [REUTERS/Manon Cruz]

De plus en plus présentes sous nos latitudes, les arboviroses - ces maladies transmises par les moustiques - connaissent en 2025 une progression inédite en France métropolitaine. Santé publique France alerte sur une situation «exceptionnelle», sans pour autant parler d’épidémie. 

Une circulation autochtone en forte hausse. Entre le 1er mai et le 22 septembre 2025, 603 cas autochtones de chikungunya et de dengue ont été confirmés en France métropolitaine, rapporte Santé publique France. La grande majorité concerne le chikungunya, avec 570 malades regroupés dans 65 foyers — dont certains dépassent la centaine de cas à Fréjus, Antibes ou Bergerac. Onze foyers de dengue ont également été identifiés (24 cas), auxquels s’ajoutent quelques cas isolés.

Cette circulation locale touche désormais neuf régions, dont certaines jamais concernées auparavant, comme le Centre-Val de Loire, le Grand Est ou la Bourgogne-Franche-Comté. Une extension liée à la prolifération du moustique-tigre (Aedes albopictus), particulièrement bien adapté aux souches virales en circulation, notamment après l’épidémie à La Réunion et dans l’océan Indien.

«On a quand même peur»

À ces cas autochtones s’ajoutent près de 2.000 cas importés (993 de chikungunya, 939 de dengue et 10 de Zika), venus des départements d'outre-mer ou de zones tropicales. Ce sont en effet ces voyages qui contribuent à l’introduction des virus dans des zones où le moustique vecteur est déjà implanté.

Le virus West Nile, transmis, lui, par le moustique Culex, connaît lui aussi une recrudescence : 36 cas autochtones ont été recensés dans 11 départements, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, mais aussi pour la première fois en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes.

C'est néanmoins à Antibes que la situation reste probablement la plus préoccupante : dans la ville des Alpes-Maritimes, 103 cas de chikungunya ont été recensés depuis le début de l'été. Les autorités locales ont alors multiplié les opérations de démoustication et de sensibilisation auprès des habitants, leur distribuant notamment des prospectus, envoyant des SMS d'alerte et réalisant du porte-à-porte.

«On a quand même peur», confie Sabrina Marra, habitante dont le mari souffre d’une maladie chronique. Pour l’ARS Paca, il ne s’agit pas d’«une épidémie», mais bien d’une «situation exceptionnelle». L’objectif est d’éviter la constitution de foyers secondaires, alors que le moustique-tigre profite de conditions climatiques de plus en plus favorables.

«Le changement climatique a installé durablement le moustique dans la région», observe, auprès de l'AFP, Olivier Brahic, directeur adjoint de l’ARS, qui s’attend à voir apparaître de nouvelles maladies vectorielles dans les années à venir. Si la mortalité du chikungunya reste faible, la maladie peut provoquer des douleurs chroniques chez un patient sur cinq. Les autorités rappellent l’importance du signalement médical, de la protection contre les piqûres et de l’élimination des eaux stagnantes, où se développent les larves de moustiques.

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