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Manifestation de jeudi, choix du gouvernement, budget 2026 : Sébastien Lecornu face à une semaine décisive

Ce lundi, Sébastien Lecornu doit revoir les chefs de parti et de groupe du socle commun, avant de mener de nouvelles consultations politiques, jeudi et vendredi. [Ludovic MARIN / POOL / AFP]

Ce lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit revoir les chefs de parti et de groupe du socle commun, qu'il s'est attaché à consolider ces derniers jours. Ce jeudi, il affrontera également sa troisième journée de mobilisation populaire et syndicale avant de mener de nouvelles consultations politiques, jeudi et vendredi. 

Une semaine décisive pour la suite de son action à Matignon. Resté volontairement discret depuis sa nomination le 9 septembre dernier, Sébastien Lecornu affronte une semaine décisive, au cours de laquelle il devra dévoiler son gouvernement, et trouver la clé d'une équation politique complexe s'il veut éviter la censure. 

Ce lundi, il doit revoir les chefs de parti et de groupe du socle commun, avant de mener de nouvelles consultations politiques, jeudi et vendredi. Ces dernières auront lieu sur fond de contestation, puisque ce jeudi, une nouvelle journée d'actions et de grève est prévue. 

Il s'agira de la troisième depuis la rentrée, après celles des 10 et 18 septembre dernier. En cause : l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires), a été très déçue de sa rencontre avec le Premier ministre, le 24 septembre. Elle considère que Sébastien Lecornu n'a apporté «aucune réponse claire» aux attentes des travailleurs et des travailleuses. 

Les syndicats ont donc annoncé une nouvelle mobilisation, ce jeudi, demandant notamment «l’abandon de l’ensemble du projet de budget», «la justice fiscale» ou encore «l’abandon du recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans».

Une possible censure

Alors que la session ordinaire de l'Assemblée s'ouvre mercredi, le Premier ministre devrait rapidement faire connaître son gouvernement. Et les oppositions attendent de pied ferme sa déclaration de politique générale, qui devrait peut-être avoir lieu le 6 ou le 7 octobre, même si un proche envisageait qu'il puisse s'en passer. «Un refus d'obstacle» qui pourrait en soi justifier une censure, a glissé la semaine dernière un proche de Marine Le Pen à l'AFP.

Le temps presse, alors que le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2026 au plus tard mi-octobre, pour espérer respecter les délais constitutionnels.

Vendredi, le Premier ministre a dévoilé dans Le Parisien ses premières orientations, qui ont plutôt eu pour effet de crisper les oppositions.

Fidèle aux fondamentaux de la doctrine macroniste et soucieux de ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB en 2029, il a écarté les principales revendications du PS, comme la taxe Zucman ou la suspension de la réforme des retraites, même s'il a invité le Parlement à retravailler sa copie.

«Sans changement majeur d'orientation, nous censurerons ce gouvernement», a immédiatement réagi le Parti socialiste, érigé en principal interlocuteur de la coalition gouvernementale par le président de la République début septembre.

Même au sein du bloc central, la tonalité de l'interview a surpris : «Il est nommé. Il dit, et le président de la République dit : "il faut une rupture". Le président dit : "il faut un accord avec le PS". Ce n'est pas exactement ce que j'ai lu dans l'interview d’hier. C'est même exactement le contraire», a grincé un dirigeant samedi. 

Un «chemin existe»

Sébastien Lecornu chercherait-il un accord de non-censure avec le Rassemblement national ? S'il s'est dit ouvert à une évolution de l'Aide médicale d'État, destinée aux étrangers et que le RN veut voir réduite à une aide d'urgence, cela risque de ne pas suffire aux yeux du parti à la flamme.

«On ne va pas accepter 200 millions d'euros d'économies sur l'immigration, contre 20 milliards d'euros d'efforts imposés aux honnêtes gens», a prévenu le député Jean-Philippe Tanguy dans La Tribune Dimanche.

Face aux réactions de la gauche, 78 députés Renaissance, Horizons et MoDem ont pris la plume dimanche, se disant convaincus dans une tribune au même média qu'un «chemin existe». 

«Si le Parti Socialiste souhaite avoir une discussion sincère et constructive concernant, notamment, l'effort fiscal à demander aux plus fortunés ou la justice sociale, nous y sommes prêts», ont-ils écrit.

Auprès de l'AFP, un cadre macroniste a tenté de se rassurer : «C'est normal dans une négociation que les entrées en mêlée soient rudes. Je note que les socialistes verront Sébastien Lecornu en fin de semaine, c'est bien qu'il y a une espérance de dialogue et de compromis possible». 

«Aujourd'hui, on ne voit aucun autre scénario que la censure»

Le spectre de la censure, et d'une éventuelle dissolution de l'Assemblée, plane cependant de nouveau sur le gouvernement, moins d'un mois après la chute de François Bayrou, renversé le 8 septembre après avoir sollicité la confiance des députés, et moins d'un an après la censure de Michel Barnier (4 décembre).

Le groupe des députés LFI a promis le dépôt rapide d'une motion de censure. «Si le 1er octobre le gouvernement est nommé, on (la) dépose tout de suite. S'il n'y a pas de gouvernement, on peut attendre qu'il y en ait un», a affirmé à l'AFP une députée Insoumise, alors que la question de savoir s'il est possible de renverser un Premier ministre seul est débattue par les constitutionnalistes. 

«Aujourd'hui, on ne voit aucun autre scénario que la censure», avait tranché samedi la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. 

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