Le patron du parti présidentiel Renaissance Gabriel Attal a dénoncé dimanche le "spectacle affligeant" donné par "l'ensemble" de la classe politique après la nomination d'une partie du gouvernement de Sébastien Lecornu, sous le feu des critiques de la droite et des oppositions.
Dans un message au groupe de députés qu'il préside, Gabriel Attal regrette que la méthode qu'il avait proposée, "le quoi avant le qui, s'accorder sur un compromis budgétaire avant" de nommer un gouvernement, n'ait "pas été retenue". "Les Français méritent mieux que le cirque des places et des postes", ajoute-t-il, en assurant n'avoir "rien demandé" dans ce gouvernement qui compte 10 ministres Renaissance sur 18, sans compter le chef du gouvernement.
Dans un moment grave pour le pays, @lesRepublicains ne peuvent pas se défiler. Sortir du Gouvernement quelques heures après avoir accepté d’y participer, c’est jouer le chaos et le désordre. Les Français attendent de nous de la responsabilité.
— Rachida Dati ن (@datirachida) October 5, 2025
La nomination dimanche au ministère des Armées de Bruno Le Maire, qui fut le patron de Bercy pendant sept ans, a concentré les critiques des oppositions contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, mais aussi d'un de ses principaux soutiens, le parti de droite Les Républicains.
Le choix de l'ex-ministre de l'Economie (2017-2024) est la principale surprise d'une équipe qui compte essentiellement des reconductions.
Après avoir "totalement exclu" d'entrer au gouvernement il y a seulement quinze jours, Bruno Le Maire a justifié son revirement par "les circonstances exceptionnelles que traverse la France". "Je viens pour servir les Français. Je viens pour servir nos soldats", a-t-il déclaré sur le réseau X dimanche soir.
Dans les circonstances exceptionnelles que traverse la France, on ne se dérobe pas.
J’ai donc accepté la proposition du président de la République et du Premier ministre de diriger le ministère des Armées et des Anciens Combattants.
Je viens pour servir les Français. Je viens…— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) October 5, 2025
La composition du Gouvernement ne reflète pas la rupture promise.
Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains.— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) October 5, 2025
Ils perdent les élections mais ils gouvernent.
Ils n’ont pas de majorité mais refusent les compromis.
Ils se font renverser mais restent en poste.
À quoi jouent les macronistes ? Leur obstination plonge chaque jour un peu plus le pays dans le chaos. https://t.co/gAnGwFeFwC— Boris VALLAUD (@BorisVallaud) October 5, 2025
Le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud a dénoncé dimanche l'"obstination" des macronistes qui "plonge chaque jour un peu plus le pays dans le chaos", après la nomination du gouvernement de Sébastien Lecornu qui reconduit les principaux ministres sortants.
"Ils perdent les élections mais ils gouvernent. Ils n'ont pas de majorité mais refusent les compromis. Ils se font renverser mais restent en poste. À quoi jouent les macronistes?", a écrit sur le réseau X le dirigeant du PS.
Il ne s'est toutefois pas prononcé sur la position sur parti à la rose, qui attend la déclaration de politique générale du Premier ministre macroniste, mardi à l'Assemblée nationale, pour se prononcer sur une éventuelle censure.
Ils perdent les élections mais ils gouvernent.
Ils n’ont pas de majorité mais refusent les compromis.
Ils se font renverser mais restent en poste.
À quoi jouent les macronistes ? Leur obstination plonge chaque jour un peu plus le pays dans le chaos. https://t.co/gAnGwFeFwC— Boris VALLAUD (@BorisVallaud) October 5, 2025
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu de "cortège de revenants à 80% de LR et anciens LR" et s'est dit convaincu qu'il "ne tiendra pas".
"Des élections pour rien, deux censures pour rien ? Cela ne tiendra pas", a réagi Jean-Luc Mélenchon sur le réseau X, fustigeant "le gavage d'une oligarchie parasite du pays. Le compte à rebours pour les chasser tous est commencé", a-t-il promis.
Tout ça pour ça ?
Le gouvernement Lecornu est un cortège de revenants à 80 % de LR et anciens LR embauchés pour continuer une politique qui a provoqué tant de souffrance populaire et de dégâts écologiques.
Des élections pour rien, deux censure pour rien ? Cela ne tiendra pas.…— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 5, 2025
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres nommés dimanche d'être "des négociateurs" et de "trouver des compromis avec l’ensemble des parlementaires", selon son entourage, alors qu'il est privé de majorité à l'Assemblée nationale et menacé de censure par les oppositions.
Ce gouvernement "ressemble au socle commun" de la droite et du centre de la précédente coalition gouvernementale et "allie la stabilité", car "certains acteurs et administrations ont besoin de continuité", et le "renouvellement puisque sur les ministres nommés ce jour, un tiers" d'entre deux "n'appartenaient pas au gouvernement précédent", fait valoir M. Lecornu par son entourage. Son "premier objectif sera "de faire adopter un budget pour la France avant la fin de l’année" et de "piloter quelques grands chantiers d’intérêts nationaux pour nos concitoyens", a ajouté la même source.
Sébastien Lecornu nomme le même gouvernement que celui de Bayrou, en encore un peu plus à droite et avec quelques revenants.
En espérant le soutien du RN pour survivre.
Vous la sentez bien la rupture là ?
Qu'ils ne défassent pas leur carton : la censure arrive !— Manon Aubry (@ManonAubryFr) October 5, 2025
Sucesseur d'Alexis Kohler en avril dernier, le nouveau secrétaire général de l'Elysée Emmanuel Moulin a dévoilé, ce dimanche 5 octobre, les premiers noms des membres du gouvernement Lecornu. Un haut fonctionnaire au parcours grandement lié à l'administration.
Retrouvez notre article complet ici.
Nous l'avions dit clairement au Premier ministre : c'est la rupture, ou la censure.
Le gouvernement annoncé ce soir, composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse, a décidément tout de la continuité, absolument rien de la rupture que les Français attendent.— Jordan Bardella (@J_Bardella) October 5, 2025
Après avoir annoncé une première salve de 18 ministres de l'équipe de Sébastien Lecornu, Emmanuel Moulin a annoncé le premier conseil des ministres lundi 6 octobre à 16h.
- Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
- Manuel Valls, ministre des Outre-mer
- Gérald Darmanin, ministre de la Justice
- Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur
- Bruno Le Maire, ministre des Armées et des Anciens combattants
- Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
- Rachida Dati, ministre de la Culture
- Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances
- Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
- Éric Woerth, ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement
- Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche
- Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics
- Naïma Moutchou, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, de l’Intelligence artificielle et du numérique
- Philippe Tabarot, ministre des Transports
- Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
Auprès du Premier ministre :
- Aurore Bergé, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, porte-parole du gouvernement
- Mathieu Lefevre, ministre chargé des Relations avec le Parlement
Emmanuel Macron a nommé dimanche soir une première salve de 18 ministres du gouvernement de Sébastien Lecornu, dont les principales nouveautés sont le macroniste Roland Lescure à l'Economie et le retour de Bruno Le Maire, aux Armées.
Bruno Retailleau, patron du parti de droite Les Républicains qui a décidé in extremis dimanche de rester au gouvernement, reste à l'Intérieur, et le macroniste de droite Gérald Darmanin est reconduit à la Justice, a annoncé le secrétaire général de l'Elysée Emmanuel Moulin.
Les ex-Premier ministres Elisabeth Borne et Manuel Valls sont aussi confirmés, respectivement à l'Education et aux Outremer, tout comme le MoDem Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères, Catherine Vautrin (Santé et Travail) et la LR Rachida Dati à la Culture, malgré sa candidature à la mairie de Paris et son procès prévu en septembre 2026 pour corruption. A Bercy, Amélie de Montchalin reste ministre des Comptes publics.
Le secrétaire général du Millénaire, Matthieu Hocque revient sur la potentielle participation des LR au nouveau gouvernement : «Laurent Wauquiez amène une ligne différente pour les Républicains» #PunchlineWEpic.twitter.com/beyTxZfM8u
— CNEWS (@CNEWS) October 5, 2025
Reçu par le Premier ministre après que les LR ont donné leur feu vert pour participer au prochain exécutif, le ministre sortant Bruno Retailleau aurait plaidé pour que les Républicains Othman Nasrou et François-Xavier Bellamy participent au nouveau gouvernement, selon une source parlementaire à CNEWS.
Après le feu vert des Républicains pour participer au nouveau gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu Bruno Retailleau à Matignon, selon une source parlementaire à CNEWS.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu est en passe de composer son gouvernement, après avoir reçu dimanche le feu vert des Républicains, enclins à maintenir leur alliance avec le camp présidentiel malgré les menaces de censure.
Au terme d'un long week-end de négociations, de réunions et de coups de pression venus de toutes part dans la coalition gouvernementale, les conditions semblent réunies pour que le chef du gouvernement dévoile la liste de ses ministres.
Alors que M. Lecornu est attendu mardi après-midi à l'Assemblée nationale pour sa déclaration de politique générale, le gouvernement devrait être nommé en deux temps, avec une première salve d'une quinzaine de ministres dévoilés ce soir.
Les parlementaires LR ont acté dimanche "une participation exigeante" au gouvernement de Sébastien Lecornu, soutenant "très largement" la position de leur président Bruno Retailleau, ont indiqué à l'AFP des participants.
Le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, qui avait estimé que les "conditions n'étaient pas réunies pour une participation à l'exécutif", s'est finalement "rangé à l'avis collectif tout en maintenant sa position", ont précisé les sources.
Au moment de mettre la dernière main à son gouvernement dimanche, le Premier ministre Sébastien Lecornu se voit retardé par des dissensions internes, entre l'agacement de son propre camp présidentiel et les déchirements des Républicains, divisés sur leur participation à la future équipe.
Le temps presse pour le chef du gouvernement s'il veut annoncer le nom de ses ministres avant la fin du week-end. Menacé de censure par la gauche et le Rassemblement national, attendu mardi à l'Assemblée pour sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu ne sait toujours pas si LR fera partie de son équipe.
Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a estimé dimanche que "les conditions n'étaient pas réunies" pour participer au gouvernement de Sébastien Lecornu, tandis que le président du parti Bruno Retailleau s'y est dit favorable, ont indiqué à l'AFP des participants à une réunion des parlementaires de la droite.
"Je respecterai la décision collective, mais je considère que les conditions ne sont pas réunies pour une participation", a affirmé Laurent Wauquiez. A l'inverse, Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur sortant, a plaidé pour une participation, de peur que LR soit tenu comme "responsable du chaos", ont indiqué les sources, précisant que le président du Sénat Gérard Larcher et l'eurodéputé François-Xavier Bellamy soutenaient la démarche du patron des Républicains.
Après avoir haussé le ton samedi, le MoDem doit lui aussi débattre de la réponse dimanche après-midi. "Il est naturel que cette formation politique participe au gouvernement", a reconnu sur France Inter le chef des députés Démocrates, Marc Fesneau. Tout en exigeant "d'en savoir un peu plus" sur les intentions du Premier ministre.
Le parti Horizons d'Edouard Philippe a aussi convoqué un bureau politique à 14H30. Même les centristes de l'UDI, "préoccupés" par "l'absence de coordination au sein de la coalition", vont consulter leurs instances pour arrêter leur position.
Faux suspense ou réel coups de semonce ? La missive de M. Lecornu semble avoir peu convaincu. "On apprend que la nuit, il fait noir. On ne sait pas où on va", souffle un cadre du camp présidentiel. "On peut pas dire qu'il éclaire notre chemin", s'agace un autre.
Les parlementaires Les Républicains se réuniront à 14h30 dimanche pour décider de la position du parti vis-à-vis du gouvernement de Sébastien Lecornu, a annoncé le vice-président délégué du parti, François-Xavier Bellamy, alors que la participation de LR n'est pas actée.
"C'est la décision qu'on prendra aujourd'hui", a indiqué M. Bellamy sur CNews et Europe 1, alors que le Premier ministre a transmis dans la nuit de samedi à dimanche une feuille de route gouvernementale pour tenter de solidifier sa coalition. Sans confirmer explicitement la participation de LR, M. Bellamy a semblé ouvert à cette option, estimant que le "devoir" de la droite était "d'éviter que le Nouveau Front populaire ne soit le premier groupe parlementaire" à l'Assemblée.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a transmis dans la nuit de samedi à dimanche une "feuille de route gouvernementale" aux dirigeants du socle commun, appelant ces partis à "s'unir" autour de plusieurs priorités malgré leurs "différences", dans un document révélé par BFMTV et que l'AFP s'est procuré.
"Tout en restant fidèle à nos valeurs, et en prenant acte de nos différences, nous avons décidé d'une feuille de route qui nous rassemble", écrit le locataire de Matignon dans cette lettre aux dirigeants du camp présidentiel et des Républicains, alors qu'il peaufine les contours de son futur gouvernement sans certitude à ce stade que LR y participera.