Sébastien Lecornu a demandé il y a 15 jours au ministère de l’Économie une évaluation du coût de l’ensemble du projet de budget alternatif du Parti socialiste, où figure une suspension de la réforme des retraites, a indiqué mardi l’entourage du premier ministre mardi. Sébastien Lecornu «avait saisi Bercy il y a 15 jours sur l’ensemble du projet socialiste de Blois» où ce parti avait présenté son programme économique fin août, selon cette source.
Le premier ministre démissionnaire a par ailleurs présenté mardi, devant les forces politiques reçues tour à tour à Matignon, «un état des lieux de toutes les discussions de ces trois dernières semaines» sur les retraites, a-t-on ajouté, précisant que «les consultations se poursuivent demain».
Sébastien Lecornu a prévenu le patron des députés LR Laurent Wauquiez que si Les Républicains refusaient une «entente» avec la macronie, il y aurait soit la nomination d’un premier ministre «de gauche» soit une dissolution, leur donnant jusqu’à mercredi soir pour répondre.
«Leur interrogation c’est de savoir si après la position de Bruno Retailleau» qui a fait voler en éclats dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu, «on est toujours dans cette logique d’entente avec la macronie», a expliqué Laurent Wauquiez aux députés LR lors d’une réunion de groupe en visio, a indiqué un participant à l’AFP. Laurent Wauquiez avait rencontré un peu plus tôt mardi après-midi le premier ministre démissionnaire à Matignon.
"La volte-face (d'Elisabeth Borne) est un aveu: la réforme des retraites est un échec", a réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet après les propos de la ministre démissionnaire de l'Education qui s'est dite ouverte à une "suspension". "Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd'hui la voie à une suspension", a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l'AFP.
"Cette volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec". Elisabeth Borne était Première ministre lors de l'adoption de cette réforme dont la CGT demande l'abrogation.
Le leader de Place publique et eurodéputé Raphaël Glucksmann a déclaré mardi que la suspension de la réforme des retraites devenait «possible», après avoir rencontré Sébastien Lecornu. «La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible», a-t-il déclaré à sa sortie de Matignon.
«Il y a un chemin, peut-être pour obtenir cette suspension. C’est le sens d’une interview qui a été donnée» par l’ancienne première ministre Élisabeth Borne «et c’est aussi ce qui nous a été dit dans le bureau», a-t-il ajouté, en précisant que Sébastien Lecornu avait «ouvert la porte» mais que cela demandait à être «précisé».
Sur son compte X, Sébastien Lecornu a détaillé l’ensemble des personnalités rencontrées ce mardi, dont les présidents des deux chambres parlementaires, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. «J’ai reçu (...) les représentants du socle commun : Gabriel Attal, Edouard Philippe, Marc Fesneau, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Hervé Marseille.»
«Demain, je recevrai d’abord le Parti socialiste avec Olivier Faure, Boris Vallaud, Johanna Rolland et Patrick Kanner. Puis j’échangerai avec les Écologistes, Marine Tondelier, Cyrielle Châtelain et Guillaume Gontard. Puis je terminerai ces discussions avec le Parti communiste, autour de Fabien Roussel», écrit-il .
«Ils crient Macron doit partir mais veulent empêcher les parlementaires de voter sur le sujet. Des hypocrites comme on en a jamais vu», a fustigé Manuel Bompard alors que la motion de censure de LFI sera examinée demain.
Demain matin, la motion de destitution sera examinée à l’Assemblée nationale.
Le Rassemblement National s’apprête encore à sauver Macron.
Ils crient « Macron doit partir » mais veulent empêcher les parlementaires de voter sur le sujet. Des hypocrites comme on en a jamais vu. https://t.co/CU9Lhug4A2— Manuel Bompard (@mbompard) October 7, 2025
La porte-parole démissionnaire du gouvernement, Aurore Bergé, a déclaré mardi sur BFMTV qu’Emmanuel Macron resterait président « jusqu’à la dernière minute de son mandat », alors que les appels à sa démission se multiplient en pleine crise politique. « Il n’y a pas de mandat révocatoire dans la Constitution française » donc « la question de la démission n’existe pas », a-t-elle tranché.
«Ils ont déjà dit qu'ils ne voulaient pas gouvernement avec nous. La question est close», a clamé le premier secrétaire du PS sur France 2. «L’objectif n’est pas d’aller vers une dissolution», mais plutôt vers «une cohabitation», a-t-il souligné.
Interrogé dans la foulée de Bruno Retailleau, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, s'est exprimé sur le plateau du 20 Heures de France 2 en demandant au président de la République de «respecter l’avis des Français». «Le temps est de passer à la gauche», a-t-il ajouté.
Bruno Retailleau «ne demande pas la démission d’Emmanuel Macron» contrairement à Edouard Philippe, qui a lancé un ultimatum ce matin en proposant l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. «Je n’ai jamais été macroniste et je ne le serai jamais, donc je ne peux pas “le lâcher” comme d’autres», souligne le ministre de l’Intérieur démissionnaire.
«Je ne reviendrai pas dans un gouvernement dirigé par un homme de gauche ou un macroniste», a martelé Bruno Retailleau, invité du JT du 20 heures de France 2. «Je n’ai pas changé d’avis face à ce nouveau gouvernement “recroquevillé”. Il faut respecter le peuple», a jugé le ministre de l’Intérieur démissionnaire. Bruno Le Maire est un «symbole politique», a ajouté le patron des LR.
Dans une interview au Parisien, la ministre démissionnaire de l’Éducation nationale Élisabeth Borne se dit favorable à une «suspension» de la réforme des retraites, qu’elle avait portée et fait adopter dans la douleur en 2023 en tant que première ministre.
« Il faut savoir écouter et bouger », a-t-elle plaidé.
Sur X, le fondateur de LFI a exprimé son «ras-le-bol d'entendre ou de lire que la gauche veut ceci ou cela quand Faure le demande». «LFI ne demande aucune combine mais le départ de Macron et le retour au peuple de tout le pouvoir sur le pouvoir le plus important dans la Ve République», a-t-il souligné.
Ras-le-bol d'entendre ou de lire que la gauche veut ceci ou cela quand Faure le demande. Il ne parle pas en notre nom. LFI ne demande aucune combine mais le départ de Macron et le retour au peuple de tout le pouvoir sur le pouvoir le plus important dans la Ve République.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 7, 2025
Dans un communiqué, le NPA appelle à une nouvelle union de toute la gauche. «Faire le choix de rassembler une seule partie des organisations du NFP, c’est au contraire nous condamner à la catastrophe», craint le parti anticapitaliste.
🔴Lettre du NPA aux organisations fondatrices du Nouveau Front Populaire ⤵️
"Plutôt que de diviser les forces, il est au contraire indispensable de faire renaître la dynamique du Nouveau Front populaire qui rassemble le social et le politique. Faire le choix de rassembler une… pic.twitter.com/1MY8uoGp5f— NPA - L'Anticapitaliste (@NPA_officiel) October 7, 2025
Emmanuel Macron a reçu mardi après-midi la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et celui du Sénat Gérard Larcher, a indiqué l'entourage du président de la République à l'AFP.
Ils ont été reçus "séparément", indique-t-on de même source sans préciser le but de l'entretien. En vertu de l'article 12 de la Constitution, le chef de l'Etat doit consulter les présidents des deux chambres s'il veut dissoudre l'Assemblée nationale.
«Le Parti socialiste ne participera pas à une réunion qui est lancée par Jean-Luc Mélenchon», a déclaré la députée PS de Paris Céline Hervieu, alors qu'Olivier Faure a annoncé que le PS se rendra à Matignon mercredi à 10 heures.
Céline Hervieu, députée PS de Paris : «Le Parti socialiste ne participera pas à une réunion qui est lancée par Jean-Luc Mélenchon», dans #180MinutesInfopic.twitter.com/YBsNgAZj1g
— CNEWS (@CNEWS) October 7, 2025
A l'invitation de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste se rendra à Matignon mercredi à 10 heures, annonce Olivier Faure.
«Tous les groupes de gauche hors LFI» ont répondu positivement à l’invitation, a-t-il précisé, indiquant qu’il allait de nouveau réclamer l’accession de la gauche à Matignon, car «le moment est venu de respecter le vote des Français». Les Écologistes ont indiqué s’y rendre mercredi à 12h15, le PCF a confirmé également sa venue le même jour, sans horaire à ce stade, et Place Publique est attendu mardi soir, à 19h45.
Sur X, la députée de La France Insoumise Karen Erodi confirme que son parti ne se joindra pas aux ultimes consultations organisées par Sébastien Lecornu. «Le Premier ministre démissionnaire veut recevoir Mathilde Panot et Manuel Bompard à Matignon. Nous n'irons pas», écrit-elle. Et d'ajouter : «Nous n’avons rien à négocier avec la Macronie agonisante. Maintenant Macron doit partir, et vite !».
Le Premier ministre démissionnaire veut recevoir @MathildePanot et @mbompard à Matignon.
Nous n’irons pas.
Nous n’avons rien à négocier avec la Macronie agonisante.
Maintenant Macron doit partir, et vite !— Karen Erodi (@KarenErodi) October 7, 2025
Le patron des Républicains Bruno Retailleau, qui a refusé de participer mardi matin à une réunion entre Sébastien Lecornu et les dirigeants du socle commun, sera reçu à 17H00 à Matignon, ont indiqué à l'AFP des sources LR.
Le patron des députés LR Laurent Wauquiez se rendra, lui, séparément à 16H00 rue de Varenne.
Selon les informations de CNEWS, le groupe LIOT sera reçu par Sébastien Lecornu à 18h aujourd’hui à Matignon.
Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a déploré mardi que la chute du gouvernement de Sébastien Lecornu, provoqué par le président du parti Bruno Retailleau, ait "abîmé l'image" de "stabilité et de responsabilité" qu'incarnait son parti, lors d'une réunion de son groupe, a indiqué à l'AFP un participant.
"J'étais favorable à ne pas participer à l'exécutif), mais ce n’est pas pareil que de censurer ou de faire tomber un gouvernement", a expliqué l'élu de Haute-Loire qui avait effectivement affirmé dimanche que "les conditions n'étaient pas réunies" pour que les LR rejoignent Sébastien Lecornu.
Jordan Bardella et Marine Le Pen déclinent l’invitation de Sébastien Lecornu, considérant que ces énièmes négociations n’ont plus pour objectif de préserver l’intérêt des Français, mais celui du Président de la République lui-même. Ils réitèrent leur demande de dissolution de l’Assemblée nationale.
Plus d'informations à suivre...
Sébastien Lecornu a proposé mardi au "socle commun" de la droite et du centre de "concentrer" les négociations sur deux sujets, le budget et l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, indiquant dans un communiqué que ses soutiens avaient "convenu de ces deux urgences".
"Tous (les partis du "socle commun") ont convenu de ces deux urgences, avec une volonté partagée de trouver une issue rapide", selon M. Lecornu. "Un échange s'en est suivi sur l'urgence budgétaire et les paramètres d'un compromis possible avec les oppositions", ajoute-t-il.
Les Ecologistes et LFI ont appelé mardi toute la gauche à "agir ensemble" pour porter un "programme de rupture au pouvoir", à la sortie d'une réunion qui les rassemblait, mais sans le Parti socialiste.
"Nous nous adressons à toutes celles et ceux qui ont fait avec nous la NUPES et le NFP", ont écrit simultanément sur X la patronne des Ecologistes Marine Tondelier et les dirigeants insoumis Mathilde Panot et Manuel Bompard. "L'heure est grave: notre responsabilité commune est d'agir ensemble pour porter ce programme de rupture au pouvoir, en finir avec le macronisme et battre l'extrême droite", ont-ils dit, en ajoutant qu'une nouvelle réunion aurait lieu mercredi.
Une rencontre commune s’est tenue ce mardi entre une délégation de la France insoumise, des écologistes et de Générations/L’Après. Un représentant du groupe GDR était également présent.
Nous sommes convenus des points suivants.
Nous avons examiné ensemble toutes les hypothèses…— Marine Tondelier (@marinetondelier) October 7, 2025
Le député LFI Eric Coquerel a salué la prise de position d’Edouard Philippe, qui a appelé ce mardi le chef de l’Etat à organiser une élection présidentielle anticipée. «Je suis heureux qu’il nous rejoigne», a-t-il ironisé. Le président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale a considéré qu’une «pression» devait être exercée sur le président, alors qu’une partie de la gauche a déposé une motion de destitution.
Le patron des députés Renaissance, Gabriel Attal, a affirmé mardi devant son groupe ne pas souhaiter la démission du président de la République, se démarquant d'Edouard Philippe qui en a émis le souhait, selon des participants à la réunion.
"Nous ne mêlerons jamais nos voix à ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission du Président de la République et à une présidentielle anticipée", a affirmé l'ancien Premier ministre, jugeant que "si un président démocratiquement élu et légitime pour aller au bout de son mandat peut être poussé à la démission, c’est tout notre équilibre démocratique qui serait fragilisé".
A la suite de la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu ce lundi, de nombreux responsables politiques ont appelé au départ d’Emmanuel Macron et à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. Si ce scénario semble encore hypothétique, comment pourrait s’organiser ce scrutin ?
Retrouvez notre article ici.
Démission d'Emmanuel Macron : la question «ne se pose pas», selon Aurore Bergé https://t.co/1TwzIEqASP
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Bruno Retailleau dans #LaGrandeINterview : «Je ne veux pas que la rue obtienne la démission du président de la République» pic.twitter.com/aeiKmCe9H2
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Edouard Philippe a demandé à Emmanuel Macron, ce mardi 7 octobre sur RTL, d'organiser une présidentielle anticipée après l'adoption du budget et dénonce un "jeu politique affligeant".
Le chef d'Horizons Édouard Philippe a demandé mardi au président Emmanuel Macron d'annoncer qu'"il organise une élection présidentielle anticipée", après l'adoption d'un budget pour 2026, pour "sortir d'une façon ordonnée et digne d'une crise politique qui nuit au pays".
Face à "l'affaissement de l'Etat" qui n'"est plus tenu" selon l'ancien Premier ministre, "la sortie de crise, c'est sur lui qu'elle repose". "On ne va pas faire durer ce que nous vivons depuis six mois pendant 18 mois encore, c'est beaucoup trop long", a estimé Édouard Philippe, évoquant "un jeu politique affligeant".
Edouard Philippe demande à Emmanuel Macron d'organiser une présidentielle anticipée après l'adoption du budget@EPhilippe_LH face à @FogielMarcO dans #RTLMatinpic.twitter.com/oMY95kh0EQ
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Bruno Retailleau : «Nous avons été le facteur de stabilité», assure le ministre démissionnaire de l’Intérieur dans #LaGrandeINterviewpic.twitter.com/K3DbeuxOUf
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Revenir au gouvernement ? « À une condition : un gouvernement de cohabitation», affirme Bruno Retailleau dans #LaGrandeINterviewpic.twitter.com/8EUQ85uJxq
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Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur démissionnaire : «Je ne comprends pas le plan d'Emmanuel Macron», dans #LaGrandeInterviewpic.twitter.com/qK7fZdi6vu
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Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur démissionnaire, sur Emmanuel Macron : «Il y a une tentative du président de la République d'assujettir le nouveau gouvernement», dans #LaGrandeInterviewpic.twitter.com/NwAMpeUOzB
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Sébastien Lecornu entame ce mardi "d'ultimes négociations", à la demande d'un Emmanuel Macron toujours plus sous pression, pour "définir une plate-forme d'action et de stabilité". Une gageure pour le Premier ministre démissionnaire qui devra d'ici mercredi ressouder une coalition fissurée, tout en gérant les menaces de censure des oppositions.
Dès 9H00, Sébastien Lecornu recevra à Matignon des chefs de partis et responsables de la coalition gouvernementale et les présidents des deux chambres du Parlement: Yaël Braun-Pivet (Renaissance, Assemblée) et Gérard Larcher (LR, Sénat). Au lendemain de sa démission spectaculaire sur fond de dissensions avec Les Républicains (LR), il devra composer avec une coalition échaudée par la crise politique dans laquelle s'enfonce l'exécutif.