En pleine crise politique, l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a proposé ce mardi la suspension de la réforme des retraites. Une mesure appréciée par une partie de la gauche mais qui fait grincer quelques dents au sein du bloc central.
C’est le point de blocage principal entre les formations politiques. Ce mardi, Elisabeth Borne s’est dite ouverte à une «suspension» de la réforme des retraites, dans un entretien accordé au Parisien. Adoptée sans vote, par 49.3, celle-ci avait profondément fragilisé l’ensemble de la classe politique.
L’ancienne Première ministre a jugé que «la stabilité du pays était plus importante» qu’un éventuel «totem» sur les retraites. Selon des informations du même quotidien, le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu aurait demandé à Bercy d'étudier l'impact d'une suspension de la réforme des retraites, il y a une quinzaine de jours.
Cette proposition a été saluée par une partie de la gauche. Sur France 2, le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a reconnu «un réveil tardif, mais un réveil positif». De son côté, le leader de Place publique Raphaël Glucksmann s’est enthousiasmé du «chemin» rendant «possible» cette suspension de la réforme des retraites.
Une proposition contrastée
Alors que le compte à rebours est lancé pour Sébastien Lecornu, chargé de proposer une solution à Emmanuel Macron, la proposition d’Elisabeth Borne ne fait pas l'unanimité au sein du bloc central.
Selon une source parlementaire à CNEWS, cette suspension serait vue d’un mauvais œil par plusieurs députés du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, présidé par Gabriel Attal, mais aussi par ceux du groupe Horizons.
Ce mercredi, sur RTL, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a exprimé sa «gêne» de voir Sébastien Lecornu prêt à suspendre la réforme des retraites pour convaincre les socialistes de trouver un compromis sur le budget.