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Sébastien Lecornu : «budget sérieux et fiable», suspension de la réforme des retraites… Ce qu’il faut retenir de la déclaration de politique générale du Premier ministre

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté ce mardi 14 octobre aux députés français sa déclaration de politique générale. Voici ce qu’il faut retenir de cette dernière.

Une alliance solide entre le gouvernement et le Parlement. Rappelé à Matignon par Emmanuel Macron, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté ce mardi 14 octobre sa déclaration de politique générale aux députés.

«Tirer les bienfaits d’une crise»

Sébastien Lecornu a tout d’abord souhaité expliquer pourquoi cinq jours seulement après sa démission, il a accepté à nouveau la charge de Premier ministre que lui a confié Emmanuel Macron.

«Il faut savoir tirer les bienfaits d’une crise. J’ai accepté la mission que m’a confiée le Président de la République, parce que la France doit avoir un budget, parce qu’il y a des mesures d’urgence à prendre, sans attendre. C’est un devoir», a-t-il ainsi expliqué.

Mais face à la crise politique que traverse la France, le locataire de Matignon a appelé à se battre : «Nous vivons et nous vivrons dans une époque de crises. Soit, on les subit, soit on les utilise. Soit on change, soit on sera changé.»

«Un budget sérieux et fiable»

Urgence principale de la France, Sébastien Lecornu a indiqué que son gouvernement avait été nommé dans l'objectif premier de «donner un budget sérieux et fiable pour la France, utile et bon pour les Français, dans les trois mois». 

Le budget «sera donc au cœur du débat» et contient, dans la version initiale du gouvernement, une proposition de maîtrise des comptes publics et une réduction du déficit à 4,7% du PIB. 

Le Premier ministre a précisé qu'il ne s'agissait pas «d'une politique d'austérité» mais que «des efforts supplémentaires» ont été demandés dans le texte aux «grandes entreprises dans un souci de justice sociale». 

Toutefois, Sébastien Lecornu l'a rappelé : «Le Gouvernement proposera un projet, qui, par essence, est perfectible» et fera donc l'objet de débats et de modifications. 

«Le Parlement aura le dernier mot»

Sébastien Lecornu l’avait déjà annoncé lors de son premier et très éphémère gouvernement, il renonce à l’utilisation de l’article 49.3 pour permettre le débat au Parlement. Un renoncement qu’il a confirmé ce mardi.

«Le Parlement aura le dernier mot, c’est sa responsabilité et nous ne devons pas en avoir peur», a-t-il déclaré notamment au sujet du texte du budget pour l’année 2026.

Au-delà de cela, Sébastien Lecornu a répété à de multiples reprises que sa volonté était d’agir conjointement avec le Parlement en déclarant : «Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez.»

Suspension de la réforme des retraites

Sujet majeur au cœur des contestations populaires mais aussi au cœur des réclamations de certains partis politiques, la difficile question de la réforme des retraites a été évoquée par Sébastien Lecornu.

Le Premier ministre a ainsi indiqué que le gouvernement était «prêt à un nouveau débat sur l’avenir de notre système de retraite». Pour ce faire, Sébastien Lecornu va proposer à l’automne au Parlement «que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle».

Ainsi, si cette suspension est adoptée, «aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT», tout comme la durée d’assurance qui sera maintenue «à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028».

L’urgence de la réforme institutionnelle en Nouvelle-Calédonie

Si le ministère des Outre-mer est passé du second au treizième rang au sein de la hiérarchie gouvernementale, Sébastien Lecornu a estimé que cela ne signifiait pas que les urgences de ces territoires français seraient aussi reléguées à des rangs inférieurs.

Ainsi, pour la Nouvelle-Calédonie qui fait face depuis plusieurs années à des difficultés, le Premier ministre souhaite l’inscription de l’accord de Bougival dans la Constitution. «Le Gouvernement proposera d’adopter ce texte avant la fin de l’année, afin que les Calédoniens puissent être consultés au printemps 2026. C’est une urgence», a précisé Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, le locataire de Matignon a indiqué qu’un projet de loi «concernant la “vie chère”, est prêt», alors que les difficultés financières s’accumulent pour les habitants des Outre-mer. 

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