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Motions de censure de LFI et du RN : en sursis, Sébastien Lecornu confronté au vote des députés ce jeudi

Les motions de censure de LFI et du RN pourraient faire tomber Sébastien Lecornu. [© Assemblée nationale]

Le rendez-vous est donné à 9h dans l’Hémicycle. Les députés vont examiner ce jeudi 16 octobre les deux motions de censure déposées à l’encontre du Premier ministre Sébastien Lecornu et de son nouveau gouvernement.

L’épreuve du feu pour Sébastien Lecornu. Ce jeudi 16 octobre, sont examinées les deux motions de censure déposées par le RN et LFI à l’encontre du nouveau gouvernement.

L’Assemblée prévoit un examen conjoint des deux motions. Ces dernières feront d’abord l’objet d’une discussion au cours de laquelle un représentant de chaque groupe prendra la parole pour exprimer sa position. Il sera ensuite procédé à un premier vote sur la motion de censure de la France insoumise puis à un second pour celle du Rassemblement national.

Si d’aventure l’une de ces deux motions était adoptée et que le gouvernement Lecornu s’en trouvait renversé, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a fait savoir, ce mardi à la sortie du Conseil des ministres, que le président de la République procéderait à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale.

Emmanuel Macron «a rappelé que les motions de censure qui ont été déposées sont des motions de dissolution et doivent être vues comme telles», avait-elle expliqué.

Une majorité absolue plus basse que d’ordinaire ?

Contrairement à certaines motions déposées à l’encontre de François Bayrou, par exemple, et dont l’issue était connue d’avance, les divisions à l’intérieur même des groupes rendent difficile la lecture précoce des résultats.

Les 123 députés du Rassemblement national et les 16 députés de l’UDR devraient, comme à leur habitude, voter en faveur de la motion de censure de la France insoumise, malgré leurs divergences idéologiques.

À l’inverse, les insoumis ne devraient pas voter la motion de censure du Rassemblement national. En effet, selon une source à CNEWS, la motion insoumise étant votée en premier, le parti estime qu’en fonction du résultat : soit la chute du gouvernement, soit l’échec de la motion, un second vote s’avèrerait «un peu superflu», puisque le résultat serait le même selon LFI.

Ainsi, la motion de censure de LFI devrait recueillir au minimum 210 voix (LFI, RN et UDR). Pour être adoptée, elle doit obtenir la majorité absolue, c’est-à-dire le vote favorable de la moitié des membres de l’Assemblée nationale.

À l'Assemblée nationale, la majorité absolue est fixée à 289, ce qui correspond à la moitié de 577 députés. Bien que s'abstenant de voter par tradition, la présidente de l’Assemblée est prise en compte dans les calculs. 

Néanmoins, treize députés ayant été nommés ministres, ils ne pourront participer au vote, tout comme leurs suppléants qui n’entreront en fonction que dans un mois. Cette absence fera-t-elle évoluer à la baisse la majorité absolue pour atteindre 282 votes pour ? 

Eh bien non ! Les treize sièges ne sont pas vacants mais «gelés», c'est--dire que les députés-ministres les occupent toujours durant la transition sans avoir le droit de voter. La majorité absolue ne prenant pas en compte le nombre de voix mais le nombre de députés, ils restent comptabilisés. 

Il faudrait donc qu'outre les 210 prévus, 79 autres députés votent pour la fin du gouvernement de Sébastien Lecornu.

LR et PS clé de la censure

Les Écologistes et les communistes ont affiché leur volonté de censurer le nouveau gouvernement. En théorie, les deux groupes apporteraient donc 55 voix supplémentaires, sachant que certains élus de ces deux camps pourraient très bien choisir de ne pas se prononcer. 

De son côté, LIOT, qui a vu son président de groupe, Laurent Panifous être nommé ministre, s'est prononcé contre la censure, laissant tout de même la liberté de vote à ses 21 membres restants.

Les députés LR et PS seront donc la clé de cette censure. Bien que les chefs de file, Laurent Wauquiez et Boris Vallaud, aient indiqué à la suite de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu que leur groupe respectif ne voterait pas la censure, des dissensions se font sentir dans les rangs.

À droite de l’Hémicycle, certaines voix se sont levées pour dénoncer la suspension de la réforme des retraites, alors qu’au sein du PS, d’autres estiment que cette suspension n’est pas suffisante.

Ainsi, dans les faits, si 24 membres de ces partis, LIOT, PS ou LR, décident de censurer, cette dernière pourrait donc être adoptée. Il faudra tout de même attendre la fin de matinée de ce jeudi pour savoir si le gouvernement Lecornu II sera le second gouvernement le plus éphémère de la Ve République. 

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