Alors que le marché de la seconde main ne cesse de croître en France, un nouveau concept s'installe dans l'ouest de l'Ile-de-France par l'intermédiaire du magasin «Underuse». Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette nouvelle enseigne des Yvelines.
Un modèle environnemental et économique. Si vous rêviez d'un magasin respectueux de l'environnement et débordant de produits tendances, «Underuse» semble être l'adresse à ne pas rater.
Situé à Maurepas (78), «Underuse» (traduit en «sous utilisé», en français) se définit comme un «vide grenier permanent». Caroline Lepage, co-fondatrice de ce concept unique dans les Yvelines, présente plus précisément cette singularité : «Tout le monde n’est pas familier avec ce concept mais c’est un vide grenier qui est ouvert toute l’année. Les particuliers peuvent louer des stands, ils choisissent la durée et le type de stands qu’ils souhaitent».
Le magasin propose à la fois des penderies pour ceux qui veulent se séparer de leurs vêtements, des étagères pour les objets en tous genres ou bien des mixtes, «pour les indécis», comme l’explique Caroline Lepage.
«L’avantage, c’est qu’ils n’ont pas besoin de s’occuper des ventes, c’est nous qui nous en chargeons. C’est un moyen pratique pour vendre, sans aucun effort», reprend-elle. S'ils comptent sur une location que payent les exposants, l'entrepreneuse affirme que la qualité des produits vendus est très importante pour l'ensemble de son modèle : «Le problème de la seconde main, c’est que c’est de la pièce unique et pas chère. Quand on fait du pas cher, il faut faire du volume. Il faut trouver le bon format et je pense qu’avec le vide grenier permanent, on compte beaucoup sur les exposants et la qualité de leurs produits. Pour l’ultra luxe, faire des produits uniques n’est pas un problème car avec un faible volume, ils peuvent rentabiliser. Mais pour nous, il faut que les produits partent assez fréquemment et donc que les produits plaisent».
Une place à prendre dans le marché de la seconde main ?
Comme le montre une récente étude ENOV, le marché de la seconde main semble être en plein essor ces dernières années en France. En 2024, 72% des Français ont consommé au moins un produit en le rachetant à un particulier. Une tendance que la créatrice d'Underuse juge prometteuse : «J’ai découvert le concept à la télévision et j’ai tout de suite adoré. Je me suis dit que c’était génial de consommer de la seconde main de la sorte et je me suis dit qu’à part LeBonCoin et Vinted, des marques en ligne uniquement, aucune évidence ne vient en tête des consommateurs. Ayant vécu à Singapour, je me suis rendu compte que la seconde main n’existe pas partout et que c’était une chance d’avoir un marché déjà assez mature en France. Je trouve que c’est important de développer ce business et d’en faire quelque chose de structuré en France, où la seconde main est ancré désormais dans notre culture».

Pourtant, elle pense que les chiffres de la consommation peuvent encore grandir et semble savoir comment faire pour y parvenir : «Je pense que pour une partie, les gens qui ne consomment pas de la seconde main ne le font pas car il y a trop d’obstacle et que le neuf, c’est la facilité. Si l’offre répondait à la demande, la consommation de seconde main augmenterait». Une vision corroborée par les chiffres de BPI, qui annoncent que les recettes du marché de la seconde main devraient tripler entre 2023 et 2027 (de 100 milliards d'euros à 330 milliards d'euros dans le monde).
«C’est le business le plus écologique qui soit»
Autre point particulièrement important pour la créatrice, le respect de l'environnement : «Notre vide grenier permet d’avoir un contact direct entre les exposants, les produits et les acheteurs. C’est le business le plus écologique qui soit. En plus, l’avantage que l’on a par rapport à des plates-formes en ligne, c’est que l’on créé une vie de quartier, voire même des liens sociaux». On estime qu'un vêtement de seconde main représente 82% d'empreinte carbone en moins par rapport à son alternative neuve.
S'il sera difficile de faire oublier aux acheteurs déjà nombreux les plates-formes en ligne comme Vinted et LeBonCoin, «Underuse» veut convaincre les sceptiques que la seconde main peut plaire. «La seconde main a une mauvaise connotation et notre objectif c’est de créer un magasin de seconde main qui ressemble à un magasin. On veut faire oublier aux gens qu’ils achètent de la seconde main. Les gens doivent se convaincre qu’ils peuvent acheter des produits "stylés"», résume Caroline Lepage.