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Dette : l'agence de notation Moody’s maintient sa note sur la situation de la France

Moody's classe actuellement la France Aa3, soit l'équivalent de AA- chez ses concurrentes, avec perspective stable. [Lionel BONAVENTURE / AFP]

Depuis le 12 septembre, trois agences de notation, Fitch, Morningstar DBRS et S&P Global, ont abaissé la note souveraine de la France. Ce vendredi, Moody’s, la quatrième agence de notation a elle maintenu la note de la France.

Moody's n'a pas suivi la tendance des autres agences de notation, au contraire, elle a décidé de maintenir la note de la France. Moody's a pris néanmoins la décision d'abaisser sa perspective de «stable» à «négative», lançant ainsi un avertissement au pays, en plein débat budgétaire au parlement. 

Elle avait prévenu qu'une nouvelle détérioration des finances publiques ou un retour en arrière au sujet de la réforme des retraites seraient «négatifs pour le crédit». La quatrième agence de notation a maintenu la note à Aa3 (dette de bonne qualité), soit l'équivalent de AA- chez ses concurrentes, avec perspective stable. «La décision de Moody's témoigne de l'absolue nécessité de construire un chemin collectif vers un compromis budgétaire», a affirmé Roland Lescure le ministre de l’Économie et des Finances à la suite de cette annonce.

Du côté des autres agences, Fitch a été la première à changer la France de catégorie, le 12 septembre, en abaissant sa note d'un cran, de AA- (dette de bonne qualité) à A+ (dette de qualité moyenne supérieure), avant d’être rejointe par Morningstar DBRS puis par S&P Global.

Ces trois agences de notation ont mis en avant la «fragmentation politique» du pays pour justifier cette décision, arguant que cette dernière avait des effets négatifs sur l’investissement des ménages et des entreprises, ainsi que sur la croissance et les finances publiques.

Un appui de la BCE et des atouts stratégiques

Réagissant la semaine dernière à la révision à la baisse de la note de S&P, Roland Lescure avait comparé la décision de l'agence à «un nuage supplémentaire qui s'ajoutait à un bulletin météo déjà assez gris». Il y avait vu «un appel à la lucidité, à la responsabilité», incitant les parlementaires à «voter le budget». 

Il avait confirmé l’objectif de ramener le déficit à 5,4% du PIB en 2025, puis à 4,7% en 2026, avec une cible de 3% en 2029, trajectoire que de nombreux économistes, comme Paul Chollet chef économiste de la salle des marchés du Crédit mutuel Arkéa et les agences de notation, ont jugée «optimiste». S&P prévoit pour sa part que la dette publique de la France «atteindra 121% du PIB en 2028, contre 112%» fin 2024.

Paul Chollet a précisé que les marchés traitent actuellement la dette française au niveau d'une note A ou A-, le bas de la fourchette «moyenne supérieure». Néanmoins, ce dernier a listé plusieurs avantages compétitifs permettant à la France de conserver de l’optimisme.

«Certes, il y a un peu de risque français, mais aussi une très grande confiance du marché dans la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à réagir rapidement» si les taux d'intérêt d’un pays venaient à décoller brusquement.

L'économiste a ajouté que, malgré sa situation politique inquiétante, la France conserve des atouts, comme «une démographie encore dynamique, une économie diversifiée, et une technologie de pointe».

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