Désireux de «revoir la copie du gouvernement» lors de l’examen du budget, la gauche pourrait voir plusieurs de ses mesures être rejetées ce vendredi à l’Assemblée nationale.
Une journée capitale dans l’examen du budget de l’Etat pour 2026. Ce vendredi, l’Assemblée nationale doit débattre, dans l’Hémicycle, de la taxe Zucman, visant créer une nouvelle imposition sur le patrimoine des grandes fortunes.
En parallèle, la suspension de la réforme des retraites sera examinée et votée en commission des finances, dans le cadre de l’étude du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Deux sujets cruciaux pour la gauche, notamment pour le Parti socialiste, qui avait décidé de ne pas censurer Sébastien Lecornu contre l’examen de ces dispositions.
Depuis le début des débats, la gauche s’est ainsi attelée à «corriger la copie du gouvernement», selon le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, obtenant la révision et l’adoption de certains amendements et articles. La thématique de la justice fiscale a occupé une place centrale dans les débats au Palais-Bourbon.
Le 29 octobre dernier, l’Assemblée nationale a notamment alourdi la taxe Gafam, qui cible les grandes entreprises de la tech, passant de 3 à 6%. Une mesure contestée par le gouvernement qui pourrait rapporter 26 milliards d’euros au budget de l’Etat selon ses défenseurs.
Olivier Faure pessimiste sur la taxe Zucman
Si le Parti socialiste est parvenu à placer la taxe Zucman dans les débats, celle-ci pourrait bien être rejetée. En effet, cette mesure fiscale qui prévoit que les fortunes de 100 millions d’euros et plus doivent s'acquitter chaque année d'un impôt total d’une somme équivalente à 2% de leur patrimoine, fait l’objet d’une féroce opposition du gouvernement, de la droite et du Rassemblement national.
Afin de trouver un compromis, le PS a proposé, en guise d’alternative, d’exclure de la taxe les entreprises innovantes. Malgré cette proposition, Olivier Faure a jugé, ce vendredi sur RMC, que la taxe Zucman, même allégée, ne sera «vraisemblablement pas votée».
Face à ce refus éventuel, le patron des socialistes a fait savoir qu’il censurerait le gouvernement si celui-ci refusait d’imposer les hauts patrimoines. «Si on n’avance pas, il y aura un vote contre le budget. Rien ne sera possible et le gouvernement tombera», a-t-il prévenu.
Olivier Faure estime que "la taxe Zucman ne sera vraisemblablement pas votée" pic.twitter.com/8eEEju8I2j
— RMC (@RMCInfo) October 31, 2025
Olivier Faure a par la suite suggéré deux pistes afin d’imposer les plus riches : le retour de l’impôt sur la fortune (ISF), supprimé en 2017, et une modification de la «niche Dutreil», utilisée par certaines grandes fortunes pour diminuer les droits de succession lors des héritages.
Des tensions autour de la réforme des retraites
Pour éviter la censure, le Premier ministre avait annoncé la suspension de la réforme des retraites. Celle-ci doit être débattue et votée en commission des Finances ce vendredi. Si la gauche et le Rassemblement national y sont favorables, cette mesure est vivement contestée par la droite et le bloc central.
Si les débats en séance publique autour de la réforme des retraites n’ont pas encore débuté, le Sénat a d’ores et déjà fait connaître sa position. Dans une interview accordée au Parisien le 25 octobre dernier, son président, Gérard Larcher, a indiqué qu’il «rétablira la réforme des retraites».
«Il est clair que le Premier ministre regarde surtout du côté des socialistes ! Il a abandonné le 49.3 comme un cadeau de Noël, mais les socialistes en demandent et en demanderont toujours plus», a ajouté le patron du Sénat.
L'équation s'annonce particulièrement difficile pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, cerné de lignes rouges et qui doit répondre aux injonctions contradictoires des groupes politiques.