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«Les milliardaires plutôt que les classes populaires» : la gauche fustige le rejet de la taxe Zucman à l’Assemblée nationale au profit d'un «impôt sur la fortune improductive»

Les députés ont rejeté vendredi 31 octobre la taxe Zucman et sa version dite allégée sur les hauts patrimoines. Un revers pour la gauche, qui agite de nouveau la menace d'une censure du gouvernement Lecornu 2. 

La gauche vent debout. Ce vendredi, Macronistes et Socialistes ne sont pas tombés d'accord sur la fiscalité des plus riches. Ni la taxe Zucman, ni sa version allégée, dite «Mercier», qui vise à taxer les patrimoines dès 10 millions d’euros à un taux de 3 %, n'ont convaincu les parlementaires. Pire, les députés du bloc central jusqu'au Rassemblement national ont largement balayé le compromis proposé par le Parti socialiste.

«Tout est désormais clair, le RN a choisi son camp : les milliardaires plutôt que les classes populaires», a taclé le patron du PS Olivier Faure au sortir d'une séance où les débats auront été houleux et laborieux. Un revers pour les Socialistes qui attendaient un geste «conséquent» de Sébastien Lecornu pour davantage de «justice sociale» s'il souhaitait prolonger son bail à Matignon. 

Cela «démontre qu'il n'y a absolument rien à négocier avec un pouvoir macroniste qui depuis le début, depuis qu'ils ont perdu les élections, décide d'appliquer leur programme», a de son côté grincé la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot. 

«La taxe Zucman vient d'être rejetée à l'Assemblée nationale, grâce à la sainte alliance des droites et du RN. Et aucun compromis, aucune taxe "light" n'a été possible. Le dogmatisme du pouvoir en place, pourtant illégitime, est sans limite», a abondé Clémentine Autin sur son compte X.

«LE RN AU SERVICE DES NANTIS»

 

Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé la fin d'un «simulacre» et d'une «comédie que nous vivons depuis une semaine». «Il (le gouvernement) faudra le battre et le censurer», a-t-il ajouté. «Le mur de l'Hémicycle, c'est le mur de l'argent (...), il y a le refus du moindre compromis qui nous permettrait de rétablir la confiance dans le pays et de combler l'énorme déficit public», a réagi le député «Debout!» de la Somme, François Ruffin. 

Le socialiste Arthur Delaporte s'est dit, de son côté, «très inquiet parce que la pente prise n'est pas la bonne». Mais «il y a encore d'autres amendements qui arrivent, notamment sur le rétablissement de l'ISF. Donc le débat sur les recettes potentielles n'est pas fini», a-t-il souligné, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu, présent vendredi après-midi dans l'hémicycle, y «reviendra plus tard sur les suites à donner à ce débat», a fait savoir son entourage.

Marine Tondelier à quant à elle fustigé la position du RN qu'elle dit «au service des nantis, des ultrariches et des puissants». Présent toute l’après-midi sur les bancs du Palais-Bourbon, le locataire de Matignon a souligné son «profond désaccord» avec la gauche au sujet de la taxe Zucman, affirmant qu'il n'existe «pas d'impôt miracle». Il «n'existe aucun impôt constitutionnel, qui ne soit pas censuré par le Conseil constitutionnel, qui soit à fort rendement de 10 ou 15 milliards d'euros». 

Plus tard dans la soirée, l’Assemblée nationale a voté pour la transformation de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en «impôt sur la fortune improductive», résultat d’une alliance hétéroclite réunissant le Rassemblement national (RN), le Parti socialiste (PS), le MoDem et les députés du groupe centriste LIOT.

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