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Sondage : 71% des Français souhaitent l’expulsion de toutes les familles de délinquants des logements sociaux

Depuis avril 2025, un préfet peut saisir un juge pour faire expulser de son logement toute personne dont les agissements en lien avec des activités de trafic de stupéfiants troublent l’ordre public. [© Philippe HUGUEN/AFP]

Selon un sondage de l’Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 publié ce dimanche 16 novembre, 71% des Français souhaitent l’expulsion des familles de délinquants qui vivent dans des logements sociaux.

L’ambition de faire réfléchir les jeunes Français à deux fois avant de commettre un délit. À la question «Êtes-vous pour ou contre l’expulsion de toutes les familles de délinquants des logements sociaux ?», un sondage* de l’Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 dont les résultats ont été publiés ce dimanche, démontre que plus de deux tiers (71%) des interrogés étaient en accord avec le départ forcé des familles de délinquants qui vivent dans des HLM.

Une interrogation déjà soulevée par CNEWS le 31 octobre dernier par l’intermédiaire du sondage : «Faut-il expulser des HLM toutes les familles de délinquants». Parmi les 155.877 internautes qui avaient répondu, une large majorité (98%) s'est prononcée favorablement.

Le sondage de l’Institut CSA publié ce dimanche permet d'évaluer plus en détail les différences d’appréciation des personnes interrogées, notamment en fonction des tranches d’âge. En effet, les 50 ans et plus sont 73% à être pour l’expulsion des familles de délinquants qui habitent dans un logement social. Une proportion presque identique chez les individus âgés de 25 à 35 ans (72%).

Si les personnes âgées de 35 à 49 ans sont 70% à être favorables à cette mesure, c’est les moins de 35 ans (69%) et les individus de 18 à 24 ans (65%) qui ont plus de réserves, même si les résultats dépassent largement la majorité simple.

Les classes sociales modestes très favorables

Parmi les catégories socioprofessionnelles, les écarts sont plus marqués. Si 31% des CSP+ sont contre l’expulsion des familles de délinquants des HLM (67% sont pour), ils ne sont que 24% parmi les CSP- (76% pour). Il semble donc que les classes sociales plus modestes, incarnées par les ouvriers ou les employés, qui sont généralement ceux qui habitent dans des logements sociaux, approuvent le départ de ces familles dont les enfants bouleversent les bonnes mœurs de la vie en communauté.

Les divergences d’opinion se distinguent largement en fonction des affinités politiques des personnes sondées. À droite, les électeurs du parti Les Républicains étaient 91% à soutenir l’exclusion des jeunes délinquants et leurs proches de leur logement. Les soutiens du parti d’extrême droite du Rassemblement national, eux, sont partisans de cette mesure à 85%. Au sein des électeurs de la majorité présidentielle, le nombre réduit nettement, avec 70% des sondés à approuver.

Les électeurs de gauche continuent de creuser leur désaccord

C’est parmi les électeurs de gauche que les opinions divergent. Parmi les soutiens de La France insoumise, ils sont 42% à souhaiter l’expulsion des familles de délinquants de leurs logements sociaux et sont donc plus nombreux à être contre cette décision (56%). Les électeurs du Parti socialiste sont également majoritaires (54%) à s’y opposer, tandis que les Écologistes sont plus mitigés, avec 53% de favorables et 47% à avoir voté contre.

Le 29 avril dernier, la France adoptait une nouvelle loi pour lutter contre le narcotrafic. Depuis, un préfet peut désormais saisir un juge pour faire expulser de son logement toute personne dont les agissements en lien avec des activités de trafic de stupéfiants troublent l’ordre public.

Jeudi 30 octobre, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun est allé plus loin. En déplacement à Franconville (Val-d’Oise), il a partagé sa volonté d’étendre la mesure à la famille d’un individu «qui vole des voitures régulièrement, qui dégrade le matériel, qui menace».

* Sondage réalisé entre les 13 et 14 novembre par questionnaire auto-administré en ligne, sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas.

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