Selon un sondage de l'Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, publié ce mercredi 26 novembre, 79% des Français veulent suspendre l'excuse de minorité pour les mineurs auteurs de crimes graves.
L'excuse de minorité dans le viseur des Français. À la question : «Faut-il suspendre l’excuse de minorité pour les mineurs qui participent à des crimes graves (violences physiques, homicides) », un sondage de l'Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, révèle que plus de trois-quarts (79%) ont répondu «oui». Ce sondage est dévoilé à l'occasion de la nouvelle émission de CNEWS La France en Face, ce mercredi soir à 21h, avec pour invité Gabriel Attal.

Dans le détail, les hommes (81%) ont davantage estimé qu'il était nécessaire de suspendre l’excuse de minorité pour les mineurs qui participent à des crimes graves que les femmes (77%). Ce sont les Français âgés entre 25 et 49 ans qui sont le plus favorable à cette suspension, avec respectivement une part de 85% et 84%.
A l'inverse, les plus jeunes, âgés de 18 à 24, sont largement moins emballés par cette proposition puisqu'ils sont seulement 52% à répondre «oui».
Une certaine différence se révèle également au niveau des catégories socioprofessionnelles : 84% des CSP+ sont pour la suspension de l’excuse de minorité pour les mineurs qui participent à des crimes graves, contre 77% des CSP- et des inactifs.
LES ÉLECTEURS DES RÉPUBLICAINS QUASI-UNANIMES
En fonction des affinités politiques des personnes sondées, les opinions divergent. A gauche, ils sont 73% à avoir répondu «oui» à la question, un pourcentage qui tombe même 68% chez les écologistes. Du côté de La France Insoumise et du Parti Socialiste, les scores sont assez proches, avec respectivement 72% et 75% d'interrogés convaincus des bienfaits d'une suspension de l'excuse de minorité pour les mineurs qui participent à des crimes graves.

Pour la majorité présidentielle, le «oui» monte à 82%. À droite, une quasi-unanimité est affichée, avec 93% des sondés qui ont voté en faveur d'une suspension, dont 94% chez Les Républicains. Enfin, pour les électeurs du Rassemblement national et de Reconquête, le pourcentage descend à 78% des interrogés favorables à la suspension.
Définitivement adoptée par le Parlement en mai dernier, une proposition de loi portée par Gabriel Attal suggère justement d'atténuer le principe de l'excuse de minorité. Elle a ensuite largement été censurée par le Conseil constitutionnel.
* Sondage réalisé entre les 24 et 25 novembre par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas.