Le passage du cyclone Chido à Mayotte, du 9 au 17 décembre 2024, a causé d’innombrables dégâts, tant sur le plan économique qu’humain avec un bilan total de 172 morts et plus de 6.500 blessés. Un an jour pour jour après ce cataclysme, l’archipel demeure encore largement marqué par ce cyclone.
De nombreux effets négatifs, encore perceptibles aujourd’hui. Du 9 au 17 décembre dernier, le cyclone Chido a dévasté Mayotte, faisant plus de 6.500 blessés et 172 morts sur son chemin.
Outre le lourd bilan humain, Chido a également eu un impact considérable sur les infrastructures de l’archipel. Les dernières estimations en la matière font état de 3,9 milliards de dollars, soit 3,35 milliards d’euros de dommages confirmés.
60 % du bâti de l’île endommagé
Un an après le passage du cyclone Chido, qui a dévasté l'archipel de l'océan Indien, «rien n'a été fait», se désole un habitant, auprès de l'AFP.
Si sur le territoire, des travaux ont été réalisés dans les collèges et lycées au cours de l'été pour pouvoir accueillir les élèves à la rentrée d'août, les habitations et les bâtiments publics restent marqués par la catastrophe naturelle.
Selon la Fondation pour le logement, «60% du bâti de l'île a été endommagé ou détruit et plus des 2/3 des logements collectifs ont subi des dommages».
Les prix des matériaux ont explosé
«Nous avons mis du temps à démarrer les travaux», concède Ahmed Ali Mondroha, directeur général de la société immobilière de Mayotte (SIM), qui évalue les dégâts causés par le cyclone à 72 millions d'euros. «Sur 1.600 logements impactés, 500 ont pu être remis en exploitation et environ 600 sont actuellement en travaux», ajoute ce dernier.
Mais «les entreprises du bâtiment n'ont pas toujours les matériaux nécessaires, les prix ont explosé depuis le passage du cyclone - la tôle a par exemple augmenté de 40%, et les délais d'acheminement se sont allongés», détaille le directeur général.
Selon Julian Champiat, président de la fédération mahoraise du BTP (FMBTP), il faut en effet attendre «quatre mois» pour réceptionner une commande, contre «deux auparavant». Notamment à cause d'un allongement des délais de dédouanement, lié au nombre important de conteneurs au port de commerce de Longoni.
Faute de trésorerie, à cause d'une reprise d'activité tardive et de défauts de paiement, les entreprises travaillent par ailleurs «en flux tendu». «Elles n'ont pas de stock», confirme le directeur général de la SIM. Ce qui ralentit encore les chantiers.
«Le tissu économique est largement fragilisé», souligne Fahardine Mohamed, président du Medef à Mayotte. Notamment parce que les finances du secteur public, qui représente 70% de l'économie de l'archipel, sont «au plus bas», selon lui. «Après le cyclone, les collectivités se sont engagées dans des dépenses pour faire face à l'urgence. Et elles sont en fin de mandat», indique le président du Medef.
D'autant que les indemnisations des assurances tardent toujours à arriver. «On attend environ 20 millions d'euros», souligne le directeur général de la SIM.