A l'occasion de la journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes dans les transports, ce mardi, Valérie Pécresse a annoncé plusieurs mesures pour améliorer la sûreté du réseau parisien. Brigade des Transports renforcée, vidéoprotection intelligente déployée ou encore mise en place d'une nouvelle application... Voici ce qu'il faut retenir.
Consciente que trop de cas d'agressions ont encore lieu dans les transports franciliens, la présidente du Conseil Régional et d'Île-de-France Mobilités a annoncé les axes priorisés pour endiguer ce fléau. Tout d'abord, Île-de-France Mobilités mise sur une présence humaine accrue : «Nous allons doubler les effectifs de la Brigade Régionale des Transports, pour passer de 100 à 200 agents d’ici à fin 2027», a expliqué Valérie Pécresse à Paris, ce mardi. Elle a également appelé les effectifs de la Police Régionale des Transports a connaître pareille évolution : «Parce que la sécurité publique est d’abord une compétence de l’Etat».
Utilisation du renfort technologique : «Il ne faut plus tergiverser»
Au sujet de l'appui technologique que constitue la vidéoprotection, l'ancienne Ministre du Budget s'est montrée particulièrement véhémente. Estimant que «des solutions technologiques efficaces sont refusées, interdites», elle pointe du doigt une «aberration». Pour elle, le succès des Jeux olympiques en matière de sécurité devrait ouvrir la voie à une utilisation de la technologie au-delà des «grands événements», auxquels elle reste cantonnée à l'initiative des parlementaires. Ceux-ci «ont interdit que nous continuions à l’utiliser pour sécuriser les voyageurs du quotidien», déplore Valérie Pécresse.
Qu'à cela ne tienne, une proposition de loi sur la vidéoprotection algorithmique (vidéo intelligente) a été déposée à l’Assemblée nationale par Jean-Didier Berger et au Sénat par Isabelle Florennes. Elle a déja été cosignée par une trentaine de parlementaires, selon celle qui est également Présidente de Soyons libres.
Elle précise : «Dépourvue de reconnaissance faciale, elle permettra de détecter tous les actes de violence en temps réel partout sur le réseau, de remonter l’information immédiatement et d’empêcher des crimes, pas seulement de les élucider après coup. Il ne faut plus tergiverser».
Faire des quais et des gares une zone sécurisée
Ensuite, Valérie Pécresse a présenté une application appelée «voyage duo», permettant aux femmes de trouver une ou plusieurs compagnes de route, pour ne plus faire de trajet seule. Elles pourront également compter sur un renfort du système en vigueur concernant les interventions sollicitées par SMS au 31177. Ces numéros seront notamment «inscrits sur les nouveaux passes Navigo d’ici à fin 2026, à côté de chaque borne d’appel ou de signal d’alarme, et rappelés en soirée sur les écrans à bord de certains trains».
Des «zones d'attente partagées» vont également être testées, pour permettre aux personnes patientant à ne pas être isolés sur les quais. Ces espaces seront notamment dotés de borne d’appel d’urgence, et seront «vidéoprotégés» avec un retour image des caméras sur le quai pour dissuader les agresseurs.
En plus de former un maximum de voyageurs aux bons gestes en cas de danger, notamment via la création d'un module de formation mais aussi en mobilisant les témoins à l'aide d'une vaste campagne de communication, des lieux sûrs au sein et aux alentours des gares pourront être ouverts afin d'accueillir des personnes menacées.
Enfin, Valérie Pécresse a exhorté l'Etat à ouvrir la possibilité, pour les femmes, de pouvoir porter plainte en ligne. Selon, elle, les agressions ayant lieu majoritairement le soir au moment où les femmes entament leur deuxième journée à la maison, «elles sont trop nombreuses à renoncer à porter plainte ou à le faire trop tardivement».