Lucie C., revenante des bastions terroristes de Daesh, a été condamnée ce lundi à 8 ans de prison par la cour d'assises spéciale de Paris.
Membre du groupe dit de Vesoul, Lucie C. a été condamnée ce lundi 15 décembre à huit ans d'emprisonnement pour avoir rejoint Daesh en Syrie en 2014. Cette Française âgée de 38 ans était parmi les premières rapatriées en 2022, après trois ans dans les camps du nord-est syrien.
La peine prononcée par la cour d'assises spéciale de Paris est inférieure aux 12 ans de réclusion criminelle requis par l'accusation. Elle comprend néanmoins une obligation de soins ainsi qu'un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec obligation de travailler.
Deux des enfants de l'accusée, nés en France, étaient parties civiles lors de ce procès qui a permis de retracer le parcours de Lucie C., notamment jugée pour «participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes».
Elle se sentait «à sa place»
Issue d'une famille non pratiquante, cette dernière a connu une enfance sans difficultés matérielles mais marquée, selon elle, par la terreur que lui inspirait son père. C'est pour la fuir qu'elle a quitté le foyer familial dès sa majorité, pour rejoindre son petit ami. A cette époque, son cercle d'amis sombre dans la radicalité en quelques mois, notamment son frère, Benjamin C. et son conjoint, particulièrement «fanatisés» selon elle.
Ils n'ont pourtant qu'une connaissance de l'islam très limitée. La plupart sont comme elle des convertis et représenteront, selon la Direction générale de la sécurité intérieure, 23% de ceux partis dans la zone irako-syrienne.
Lucie C. a quitté la France pour la Syrie en septembre 2014, à un moment où le «califat» transfrontalier de Daesh vient d'être auto-proclamé. Là-bas, elle dit se sentir «à sa place» et «bien vivre» dans de vastes appartements, bénéficiant du statut social de son conjoint.
Prête à mourir «la tête haute»
Ce dernier a en effet occupé des fonctions importantes dans l'appareil sécuritaire de Daesh, de la prison de Raqqa à la police des mœurs et l'Amni, la branche chargée notamment de la sécurité intérieure et du renseignement.
Lors du procès, Lucie C. a expliqué avoir été «endoctrinée, radicalisée, fortement» durant ces premières années. Voilà pourquoi, quand Raqqa est encerclée en 2017, elle écrit à son père n'«être prisonnière de personne» et prête à mourir «la tête haute».
Elle avait finalement été expulsée de la ville dans une «bétaillère» et avait dû «survivre» pendant plusieurs mois, entre abris dans une écurie ou dans un trou creusé dans la terre. Des conditions difficiles qui avaient pris fin à la reddition, en février 2019.