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«Des causes de décès sont devenues marquées socialement» : en France, l'espérance de vie dépend de plus en plus du niveau économique, selon une étude

L'écart d’espérance de vie à la naissance entre les plus pauvres et les des plus riches était de 9 ans chez les femmes et 13 ans chez les hommes. [© Adobe Stock]

La longévité dépendrait directement de la richesse, selon une étude. En cause pour expliquer cette différence majeure : un accès aux soins et des risques professionnels avantageux. Toutefois, d'autres facteurs viennent pondérer un tel constat.

L'argent ne fait pas le bonheur mais il peut aider à rallonger la vie. Selon une étude publiée par l'Insee ce lundi 15 décembre, tous les citoyens français ne naissent pas avec la même espérance de vie. Celle-ci dépendrait en effet directement du niveau économique du foyer dont ils sont issus.

Un constat dont on peut se douter, mais qui n'avait jamais été vraiment quantifié. «Sur la période 2020-2024, l’écart d’espérance de vie à la naissance entre les 5% des plus modestes et les 5% des plus aisés était de 9 ans chez les femmes et de 13 ans chez les hommes», démontre l'institut national de la statistique et des études économiques.

Les scientifiques s'accordent à penser que certains facteurs délétères pour la santé participent à abaisser la durée de vie. Le fait de fumer, ne pas maintenir un poids sain, ne pas assez dormir ou encore mal gérer son stress peut être source de complications de santé qui ne permettent pas de vivre le plus longtemps possible. Si l'argent peut jouer un rôle et permettre une meilleure stabilité pour certains de ces paramètres, il n'est en rien une garantie en matière d'hygiène de vie.

© INSEE

Comme le montre le graphique proposé par l'Insee, il est également visible que l'écart entre la durée de vie des femmes et celle des hommes semble s'amoindrir lorsque les conditions de vie s'améliorent. Chez les foyers les plus modestes, les femmes vivent en moyenne 8 ans de plus que les hommes (80 ans contre 72 ans), alors que chez les plus riches, cette différence passe à environ 3 ans (88 ans pour les femmes et 85 ans chez les hommes).

Même avec un niveau de vie moins élevé, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Seules celles se situant parmi les 30% les plus modestes vivent en moyenne moins longtemps que les hommes appartenant aux 5% les plus aisés. Cette longévité des femmes pourrait s’expliquer par un «meilleur suivi médical, en particulier pendant leur vie féconde» et leur «durée de travail (hebdomadaire ou tout au long de la vie) plus faible que celle des hommes, ce qui réduirait ainsi leur exposition à des risques professionnels».

L'inégalité à l'accès aux soins et aux risques professionnels en cause

Le risque de décès, à 50 ans, serait quant à lui sept fois plus grand chez les hommes les plus modestes (dont le niveau de vie moyen est de 497 euros par mois) que chez les plus aisés (dont le niveau de vie moyen est de 6.427 euros par mois). Chez les femmes, ce risque serait, à 55 ans, six fois plus grand, ajoute l'étude.

Pour expliquer cet écart, l'Insee met d'abord en avant les difficultés financières qui peuvent limiter l’accès aux soins : 3,2% des personnes parmi les 20% les plus modestes déclarent ainsi avoir renoncé pour des raisons financières à des examens médicaux contre 1,8% de l’ensemble de la population.

Les cadres seraient par ailleurs moins soumis aux risques professionnels (accidents, maladies, etc.) que les ouvriers. Les comportements à risque pour la santé seraient par ailleurs plus fréquents chez les non-diplômés ou diplômés pré-bac que chez les diplômés, avec 21% des premiers fumant quotidiennement contre seulement 13% des diplômés du supérieur.

Riches et pauvres : les écarts se creusent encore

Loin de s'atténuer, l'écart d'espérance de vie entre les plus aisés et les plus modestes s'est accru ces dernières années. Entre les périodes 2012-2016 et 2020-2024, il est ainsi passé de 8,3 ans à 8,7 ans chez les femmes et de 12,7 ans à 13 ans chez les hommes.

Pour l'Insee, cette hausse «signifie que la part des causes de décès les plus inégalitaires socialement a augmenté entre 2012-2016 et 2020-2024 et/ou que certaines causes de décès sont devenues davantage marquées socialement».

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