Signé en 2006, le programme Barracuda visait à livrer six sous-marins nucléaires d’attaque d’ici 2030. Récemment, il a été annoncé que le dernier SNA sera livré avec un an d’avance, une véritable prouesse dans le monde exigeant de l’industrie navale et nucléaire.
Le 7 janvier dernier, la France a annoncé que le dernier des six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) du programme Barracuda sera livré avec un an d’avance, soit en 2029. Une excellente nouvelle pour la Marine nationale, alors que les tensions géopolitiques s’accentuent à travers le monde, mais également pour Naval Group, qui continue d’asseoir son influence dans le secteur stratégique de l’industrie navale et nucléaire.
La conception et la construction d’un sous-marin nucléaire figurent en effet parmi les défis industriels les plus complexes. Comme le rappelle le Forum militaire français, ces bâtiments regroupent des millions de pièces, des kilomètres de câbles, un réacteur nucléaire, des systèmes acoustiques d’une extrême sensibilité et une exigence absolue de discrétion.
À ce titre, les programmes de sous-marins accusent très souvent des retards de plusieurs mois, voire de plusieurs années. L’annonce d’une livraison anticipée d’un an pour les nouveaux SNA fait donc figure de véritable prouesse industrielle.
Le contrat avec Naval Group, lancé en 2006, prévoyait la livraison de six sous-marins d’ici 2030. Mais en vingt ans, le rythme de production s’est accéléré. Selon Hervé Glandais, directeur du programme, interrogé par La Presse de la Manche, «90 % de la partie industrielle du programme Barracuda est aujourd’hui bouclée». Ainsi, alors que la construction du premier SNA avait nécessité treize ans, le dernier devrait être achevé en seulement sept ans.
Six SNA livrés en moins de 10 ans
Pour rappel, le programme Barracuda comprend six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) distincts. À ce jour, trois ont été livrés à la Marine nationale : le Suffren en novembre 2020, le Duguay-Trouin en août 2023 et le Tourville en novembre 2024.
Le quatrième, le De Grasse, devrait être livré dans les prochains mois : son réacteur nucléaire a été mis en marche le 12 décembre 2025, et les essais en mer sont prévus pour ce début d’année 2026. Les deux derniers modèles sont le Rubis et le Casabianca.
Conçus pour rester en service jusqu’aux années 2060, ils mesurent environ 99 mètres de long et ont un déplacement d’environ 5.300 tonnes en plongée. Leur propulsion nucléaire leur permet de rester en mer pendant plusieurs mois sans refaire surface, tandis que leur discrétion acoustique est optimisée pour évoluer dans des zones fortement surveillées.
Ces SNA emportent des torpilles lourdes, des missiles antinavires et, surtout, des missiles de croisière navals capables de frapper des cibles à plusieurs centaines de kilomètres depuis la mer.