Après avoir adopté de justesse en commission des lois, un texte visant à encadrer les «formes renouvelées» d'antisémitisme, les députés devront l’examiner ce lundi à l’Assemblée nationale.
Il y a une semaine, le Crif a salué l’adoption, en commission des lois, d'un texte visant à encadrer les «formes renouvelées» d'antisémitisme. Ce lundi, la proposition a été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale afin d’être débattue pour être par la suite votée par l’ensemble des députés.
En commission, ce texte, défendu par Caroline Yadan, députée des Français de l'étranger, a été adopté de justesse, par 18 voix contre 16. La gauche avait voté contre, à l'exception des socialistes qui ont préféré s'abstenir.
Ce dernier vise à répondre à «l'explosion des actes antisémites en France» et ses «formes renouvelées» depuis les attaques du Hamas menées le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, citant l'appel à la destruction d’Israël et sa comparaison à un régime nazi.
«Aujourd'hui, la haine antijuive dans notre pays se nourrit de la haine obsessionnelle à l’égard d'Israël, régulièrement délégitimé dans son existence et criminalisé», selon l'exposé des motifs du texte. «J'ai voulu aller au-delà évidemment des paroles de condamnation», a de nouveau affirmé Caroline Yadan ce dimanche sur CNEWS après avoir cité des exemples de «formes renouvelées» d’antisémitisme.
une haine qui s'affiche «sans honte»
Cette haine «dissimulée sous le masque du progressisme et des droits humains» s'affiche «sans honte dans la rue, à l'université, sur les réseaux sociaux», selon la députée.
Ce texte déposé fin 2024 avait été cosigné par plus de 120 députés du camp gouvernemental, mais aussi quelques socialistes, dont l'ex-président François Hollande.
Entre-temps, la députée a saisi le Conseil d'Etat, qui a émis un avis, et de nombreuses recommandations, intégrées dans la version adoptée en commission.
Les députés ont voté la création d'un nouveau délit d’appel à la destruction d’un État. La pénalisation des appels à la négation de l'existence d’un État a elle été finalement retirée en commission.
Les élus ont également adopté une disposition visant, selon les mots de Caroline Yadan, à lutter contre une «banalisation outrancière » et une «minoration de la Shoah», l’exposé des motifs mentionnant notamment la volonté de sanctionner «la comparaison d’Israël au régime nazi».