Ces derniers jours, les grandes figures de France Télévisions ont été auditionnées par les députés de la commission d’enquête de l’audiovisuel public. Que cela soit Elise Lucet, Léa Salamé ou encore Laurent Delahousse, tous sont restés évasifs sur le montant exact de leur salaire.
Une pudeur toute française ? Auditionnés à l’occasion de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, les grands noms de France Télévisions sont restés flous sur le montant exact de leur salaire. Mais pourquoi n’ont-ils pas répondu plus précisément aux députés ?
Le 2 février dernier, la commission d’enquête a auditionné Léa Salamé et Laurent Delahousse. La première, présentatrice du JT de 20h de France 2 depuis septembre dernier, a indiqué avoir «accepté la rémunération qui [lui] a été proposée sans discussions aucune» et que ce dernier était confortable.
Le second, qui officie sur la France Télévision depuis de nombreuses années, a expliqué aux députés : «Je dispose d’un contrat de travail à temps partiel. Je perçois une rémunération qui englobe à la fois la rédaction en chef du journal, la présentation du journal, ainsi que 13h15 et les 20h30. Elle correspond à la grille salariale, de manière équivalente à celles et ceux qui exercent la même activité.»
Ce mardi 10 février, la rédactrice en chef de Cash Investigation et d’Envoyé spécial, Élise Lucet, a été confrontée à la question de son salaire. Cette dernière a indiqué : «J’ai 42 ans de métier dont 40 ans passés à France Télévisions. J’ai une rémunération qui correspond à mon expérience, à mes responsabilités, à ma longévité de carrière, à mon exposition à l’antenne» précisant être «vraiment bien payée», sans pour autant donner plus de détails.
Le salaire une composante de la vie privée
Les journalistes ont tous rappelé que leur rémunération faisait l’objet d’une vérification par un contrôleur d’État dépendant du ministère de l’Économie.
Si ces réponses évasives ont déçu les plus curieux, rien n’obligeait les journalistes de France Télévisions à répondre précisément sur le montant de leur salaire. En effet, si une commission d’enquête dispose d’un droit de citation directe, c’est-à-dire qu’elle peut convoquer des personnes en audition, elle ne peut les contraindre à répondre à ses questions.
Parler d’argent a toujours été un tabou en France mais au-delà de ça le droit du Travail entoure de mystère le salaire d’une personne. Ainsi, au nom du principe de secret de la vie privée, un employeur n’a pas le droit de dévoiler publiquement le salaire de l’un de ses salariés.
Il en va de même pour le salarié, qui au nom du droit de réserve et discrétion envers son entreprise, ne peut lui aussi dévoiler le montant. Il peut par ailleurs exister dans certains contrats une clause de discrétion qui rend encore plus difficile la divulgation de ces informations.
Toutefois, en juin 2026, une directive européenne adoptée en 2023 va être transposée dans le droit français. Cette dernière, touchant à la transparence des salaires, prévoit que les entreprises devront mettre à disposition le salaire moyen versé aux employés qui occupent le même poste.