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Réforme de la formation des enseignants : désormais ouvert aux bac +3, en quoi consiste le concours qui attend 85.000 candidats ce mardi ?

Jusqu'à présent, les enseignants de l'école primaire devaient obtenir un concours de recrutement au niveau Bac +5 [JEFF PACHOUD / AFP]

Les candidats inscrits au CAPES Bac +3 entament, ce mardi, les épreuves d'admissibilité. Environ 85.000 personnes sont attendues pour ce concours créé lors de la réforme de la formation des enseignants. Voici ce qu'il faut savoir sur ce nouveau format.

Longtemps incertain en raison de l'absence de budget, le CAPES Bac +3 aura bien lieu. Pour ce concours «new look», 85.000 candidats sont attendus lors du début des épreuves d'admissibilité ce mardi matin.

Au total, 50.000 candidats prendront part au concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE), alors que 35.000 personnes tenteront leur chance pour les concours externes d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation (CPE) et de psychologues.

la formation des enseignants profondément remaniée

Destinée à répondre à la crise de recrutement dans l'enseignement, la réforme de la formation des enseignants ramènera le niveau requis à Bac +3 au lieu de Bac +5, aussi bien dans le secondaire (collèges et lycées) que dans les écoles primaires. 

Ainsi, cette année, et lors de la session 2027, les épreuves de Bac +5 et Bac +3 cohabiteront, avant la disparition du concours Bac +5 en 2028. Par ailleurs, un changement important interviendra dans la façon dont les futurs professeurs seront formés.

Jusqu'à présent, les enseignants de l'école primaire devaient obtenir le CRPE (Concours de Recrutement de Professeur des Écoles) au niveau Bac +5. De la même manière, les concours du secteur secondaire tels que le Capes (certificat d’aptitude au professorat du second degré), le Capeps (éducation physique et sportive), le CAPLP (lycée professionnel) ou le Capet (lycée technologique), étaient seulement accessibles après un master. Tous les lauréats de ces concours effectuaient ensuite un an de stage avant d'être titularisés l'année suivante.

La réforme du ministre de l'Éducation Nationale Edouard Geffray entraînera un gros changement dans le nouveau format de concours, qui s'adressera désormais aux étudiants titulaires d'une licence. Ces derniers suivront ensuite deux années de formation rémunérée s'ils sont admis en juin prochain.

de Nouveaux cursus universitaires ouverts

Une fois le concours en poche, les futurs enseignants suivront un master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux ans assortie d'une rémunération.

Lors du master 1, les étudiants seront élèves fonctionnaires et suivront une formation de 450 à 500 heures. Ils auront également douze semaines de stage d'observation et de pratique accompagnée. Ils seront accueillis par des professeurs dans leurs classes. Les futurs enseignants seront rémunérés 1.400 euros net par mois.

En master 2, les apprentis professeurs seront fonctionnaires stagiaires. Ils suivront 300 heures de formation et auront dix-huit semaines de stage effectuées à mi-temps, où ils enseigneront sous la supervision d'un tuteur. Le salaire mensuel s'élèvera à 1.800 euros net par mois, aussi bien à l'école primaire que dans le secondaire.

Afin de préparer au mieux le CRPE, les futurs enseignants en primaire pourront suivre un nouveau cursus intitulé «licence professorat des écoles» (LPE), dans lequel ils effectueront dix semaines de stage et recevront des cours disciplinaires, notamment en français, mathématiques et histoire-géographie. L'accent sera également mis sur les savoirs fondamentaux.

Si le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, se satisfaisait en décembre de «l'effet attendu» de la réforme, en raison du nombre doublé de candidats aux concours externes, ainsi que de la présence plus nombreuse d’étudiants de licence que de master, il faudra en mesurer les effets sur le long terme. 

En sachant que les apprentis professeurs devront s'engager à exercer leur profession pendant au moins quatre ans, c'est à ce moment-là que pourront être réellement jugés les effets de cette réforme.

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