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Saint-Denis : démission d'une élue PS qui dénonce des liens présumés entre le nouveau maire LFI et le commanditaire de son agression

Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis. [Ludovic MARIN / AFP]

L'élue PS Oriane Filhol a annoncé sa démission du conseil municipal de Saint-Denis en dénonçant des liens entre le nouveau maire LFI et le commanditaire de son agression en 2023, condamné mardi en appel pour ces violences et que l'édile affirme ne pas connaître «personnellement».

Une relation choquante aux yeux de la socialiste. Oriane Filhol, élue PS, a annoncé ce mardi 24 mars sa démission du conseil municipal de Saint-Denis. La jeune femme de 34 ans a dénoncé les liens entretenus par le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de son agression survenue en 2023.

Mouloud Bezzouh était jugé ce mardi par la cour d’appel de Paris pour avoir commandité l’agression de l’élue socialiste.

Au bord des larmes à la sortie de la salle d'audience, Oriane Filhol, 34 ans, a indiqué qu'elle ne se sentait «pas en sécurité dans ce conseil municipal, sachant justement les relations entre le nouveau maire et le commanditaire de mon agression».

Le 16 mars dernier, au lendemain de l'élection perdue par la liste socialiste, Oriane Filhol avait, depuis son bureau qu'elle était en train de vider, pris en photo le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de son agression Mouloud Bezzouh ayant, selon elle, «une discussion qui a duré de nombreuses minutes et qui s'est terminée par une poignée de main très chaleureuse».

Sur les images consultées par l'AFP, on peut voir les deux hommes discuter seuls sur le parvis de l'hôtel de ville.

Bally Bagayoko réfute tout lien personnel

Le nouveau maire LFI a réagi à cette annonce de démission, disant «apporte(r) tout (s)on soutien» à Oriane Filhol, pour qui il témoigne avoir «un profond respect», mais s'est dit «consterné par cette faute politique grave».

«Pour la grandeur de ce qu'elle est, c'est-à-dire une élue qui a toujours été digne», Bally Bagayoko juge «extrêmement grave» et «totalement irresponsable», le fait «qu'elle démissionne au regard des supposées accointances que j'aurais avec l'auteur des faits».

Dans un entretien téléphonique avec l'AFP, le maire de la deuxième ville d'Île-de-France après Paris a affirmé qu'il ne «connai(ssait) pas personnellement ce Mouloud Bezzouh», n'ayant avec lui qu'un lien «purement de relations publiques».

La bataille électorale qui vient de s'achever à Saint-Denis-Pierrefitte a été d'une rare âpreté, les entourages des deux candidats (PS et LFI) multipliant les polémiques et accusations.

Le commanditaire condamné en appel

Mouloud Bezzouh, 59 ans, a été reconnu coupable ce mardi par la cour d'appel de Paris d'avoir envoyé trois jeunes en décembre 2023, contre la promesse de rémunération, passer à tabac la jeune femme, alors adjointe en charge des questions de solidarité et de droits des femmes.

Il a été condamné à quatre ans de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans, une peine inférieure aux cinq années, dont trois fermes, infligées en première instance.

Lors de l'audience en appel, l'entrepreneur avait nié les faits, se bornant à répéter à la barre qu'il n'avait «rien à voir dans cette histoire».

Trois habitants de Saint-Denis, âgés de 18 à 22 ans, condamnés début 2024 pour ces violences, avaient expliqué s'être vu promettre 2.500 euros chacun par un mystérieux commanditaire, pour frapper une personne qu'ils ne connaissaient pas.

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