Ce vendredi, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi permettant aux salariés volontaires de certains commerces de travailler le 1er-Mai, le seul jour obligatoirement chômé en France.
Un marronnier du calendrier politique de ces dernières années. Ce vendredi, l’Assemblée nationale se penche sur une proposition de loi qui clive fortement les parlementaires. Déposée par la droite sénatoriale et reprise par le président du groupe Ensemble pour la République Gabriel Attal, celle-ci vise à «permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er-Mai».
Pour rappel, ce jour est officiellement férié chômé depuis 1948, selon l’article 3133-4 du Code du travail. Le texte propose ainsi d’allonger la liste des dérogations. Actuellement, seuls les «établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail», comme les transports ou les hôpitaux, sont autorisés à faire travailler leurs salariés le 1er mai.
Cependant, de nombreux artisans souhaitent ouvrir ce jour. A titre d’exemple, en cas de non-respect de la loi, un boulanger peut se voir infliger une amende pour «infraction au Code du travail», qui peut aller jusqu’à 750 euros par salarié concerné, 1.500 quand celui-ci est mineur. En cas de contrôle de l’inspection du travail, cela peut déboucher des pénalités administratives, ou des poursuites.
Le texte envisage ainsi de permettre aux boulangers, pâtissiers, fleuristes et autres cinémas ou théâtres de pouvoir ouvrir.
Le gouvernement favorable, la gauche contre
Cette proposition de loi a déjà été adoptée en première lecture le 25 avril 2025. Celle-ci est également soutenue par le gouvernement. Invité sur CNEWS ce mardi, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a reconnu «un trou dans la raquette» du Code du travail.
Si la droite et le centre devraient voter ce texte, la gauche, dans toute sa diversité, y est opposé. «Les députés de la France insoumise pèseront de tout leur poids dans les débats parlementaires et aux côtés des travailleurs mobilisés pour s'opposer fermement à la remise en cause du 1er mai, seul jour obligatoirement férié, chômé et payé de l’année», a déclaré le groupe LFI à l’Assemblée nationale dans un communiqué.
Le 3 mars dernier, les huit organisations syndicales ont également demandé aux parlementaires de rejeter cette législation. En cas d’adoption ce vendredi, cette loi, qui concerne près de 1,5 million de salariés, pourrait s’appliquer dès le 1er mai 2026.