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«Ça peut toucher n'importe quel organe» : après avoir pris du protoxyde d'azote pendant 10 ans, cette trentenaire réapprend à marcher

Populaire chez les jeunes, le protoxyde d'azote fait des ravages. Le cas de Cyntia, anciennement consommatrice de gaz hilarant pendant près de 10 ans, en est la parfaite illustration. A désormais 23 ans, la jeune femme est hospitalisée et présente de fortes difficultés à marcher normalement.

Pour se déplacer, elle utilise désormais un déambulateur. Particulièrement populaire chez les jeunes, le gaz hilarant présente de forts risques de dommages cérébraux. Alors que Cyntia a commencé à en consommer à seulement 14 ans, la situation de la jeune femme de 23 ans s'est depuis détériorée. 

Fourmillement dans les jambes, vomissement... Au fil des années, sa consommation a augmenté et peu à peu les premiers symptômes sont apparus. Au point où elle présente aujourd'hui de fortes difficultés à marcher normalement. 

«impossible de lever les pieds du sol»

Et si aujourd'hui Cyntia est sur une meilleure voie pour s'en sortir, c'est grâce à l'une de ses amies, qui a tiré la sonnette d'alarme il y a deux ans. 

«On devait faire une séance de sport chez moi. On avait pris des cordes à sauter pour qu'on puisse se défouler. Je savais très bien en faire. Mais il m'était impossible de lever les pieds du sol. Impossible. Et une semaine avant d'intégrer le centre, lorsque ma maman m'a filmé, j'ai réellement réalisé comment je marchais», a-t-elle expliqué au micro de CNEWS.

Il y a un mois, Cyntia est ainsi arrivée au centre de rééducation en fauteuil roulant. Suivie par le Dr Yahia Naceur, elle présentait «des déficits moteurs, des troubles cognitifs, de mémoire et de concentration». 

«Cela touche les nerfs dans notre corps, et les nerfs dans notre corps existent partout, donc ça peut toucher n'importe quel organe», a ensuite développé le médecin coordinateur.

«Le plus douloureux dans tout ça, c'est la prise de conscience»

Ses jambes sont désormais quasi paralysées, alors chaque matin, elle retrouve son kinésithérapeute, avec un objectif : réapprendre à marcher. Mais malgré des progrès, Cyntia est tout de même restée hospitalisée.

En utilisant son cas, la jeune femme a souhaité alerter les jeunes sur les dangers du protoxyde d'azote. «Quand cela ne nous arrive pas à nous ou à un de nos proches, on ne se dit pas que c'est vraiment grave. Le plus douloureux dans tout ça, c'est la prise de conscience. Je me suis dit : "Tu as 23 ans, tu te retrouves bloquée là dans un hôpital". Je suis un peu désespérée. Est-ce que je vais réellement remarcher un jour ? Si j'ai des enfants plus tard, je veux pouvoir marcher, courir avec eux», s'est inquiétée Cyntia.

Aujourd'hui, une quinzaine de patients, âgés de 19 à 30 ans, est hospitalisée dans le centre de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, pour des troubles neurologiques liés au protoxyde d'azote

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