Le préfet de police de Paris a pris la décision d'imposer des restrictions de circulation en Île-de-France pour la journée du mercredi 27 mai. En cause, la persistance d'un épisode de pollution à l'ozone sur la région.
Dans le détail, la vitesse maximale autorisée a été réduite de 20 km/h sur les tronçons habituellement limités à 130 km/h, 110 km/h et 90 km/h et de 10 km/h sur les nationales et départementales limitées à 80 km/h. Les poids-lourds de plus de 3,5 tonnes sont également invité à contourner Paris par la rocade francilienne.
Par ailleurs, la préfecture de Police recommande de limiter, dans la mesure du possible, les déplacement en voiture et, en cas de nécessité, de pratiquer le covoiturage.
Un nouveau record de chaleur pour un mois de mai a été battu à l'échelle de la France ce mardi, au lendemain d'une journée déjà inédite, a fait savoir Météo-France.
L'indicateur thermique national, qui mesure la température moyenne à l'échelle du pays, a atteint 24,8°C, selon les relevés provisoires à 17h du prévisionniste national. Lundi, il était de 24,6°C, déjà un record.
L'épisode caniculaire, touchant depuis plusieurs jours la France et prévu pour durer toute la semaine, est certainement "le premier d'une série" qui devrait se prolonger cet été, a affirmé mardi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
"Malheureusement, on sait que, certainement, ce n'est que le premier d'une série de ce type d'événements que nous aurons à vivre cet été", a dit la ministre, à l'ouverture d'une réunion de crise au Centre ministériel de veille opérationnelle et d’alerte (CMVOA), à l'Hôtel de Roquelaure à Paris.
"On a effectivement eu un pic d'activité ce week-end" prolongé, "qui se confirme aujourd'hui avec en gros, 20% à 30% d'augmentation" du nombre d'appels au Samu, pour "principalement des malaises liés à la chaleur" et "des demandes d'hospitalisation plus importantes pour des personnes âgées", a indiqué sur RTL le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et administrateur de Samu-Urgences de France.
Les effectifs ont été renforcés pour y faire face, "mais c'était plus compliqué avec le week-end de Pentecôte", a-t-il poursuivi. "Les quatre départements bretons sont impactés de façon forte, y compris le Finistère", qui "n'a pas l'habitude d'avoir ce type de températures", a-t-il souligné.
Si une canicule frappe actuellement la France, nos voisins d'outre-Manche sont également concernés. Le Royaume-Uni a en effet battu mardi son record historique de température pour un mois de mai, avec 35°C enregistrés à Londres, après plusieurs jours d'une vague de chaleur exceptionnelle, a annoncé l'agence nationale de météorologie, le Met Office.
La veille, la température avait déjà atteint 34,8°C à Kew Gardens, dans le sud de Londres, soit 2 degrés de plus que le précédent record de 32,8°C, enregistré en 1922 puis encore en 1944.
La chaleur pourrait atteindre localement des températures exceptionnelles de "38°C voire 39°C" ces prochains jours au cours de la vague de chaleur précoce qui frappe la France, a indiqué mardi Météo-France.
"Jeudi, on va voir un petit décalage vers le Sud et l'Est des très fortes chaleurs. On pourrait avoir très localement 38°C, voire 39°C dans certaines régions, dans le Languedoc notamment", ce qui serait "totalement inédit" a indiqué Adrien Warnan, prévisionniste à Météo-France, lors d'une conférence de presse.
La vague actuelle de chaleur, qui tourne à la canicule, n'est pas une "urgence" sanitaire, a déclaré mardi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, appelant néanmoins les Français, notamment les sportifs, à se "méfier" et à suivre les messages de prévention.
"On n'est pas dans l'urgence", a déclaré Mme Rist, lors d'une visite du centre de crises de son ministère. "Les vagues de chaleur, on les connaît, (...) ce n'est pas nouveau." "Pour l'instant, ce qu'on peut dire, c'est qu'il n'y a pas de tensions particulières qui nous sont remontées (notamment aux urgences ou au Samu, NDLR), même s'il peut y avoir un peu plus d'appels, parce que les gens ne se sentent pas forcément bien quand il fait très chaud", a-t-elle poursuivi.
Lors d’une conférence de presse, la députée écologiste de Paris Léa Balage El Mariky a analysé cet épisode de canicule comme une «conséquence du dérèglement climatique».
«Ces épisodes vont se poursuivre, ils seront plus longs et arriveront plus tôt», a-t-elle déclaré. L’élue a regretté le manque d’écoute du gouvernement et de l’absence de réponse de l’exécutif à «s’adapter» à la situation actuelle
Lors d’une conférence de presse, la présidente des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé «l’inaction» du gouvernement face à ce dôme de chaleur.
«Cette canicule nous rappelle la lutte vitale contre le réchauffement climatique», a-t-elle déclaré.
Face aux fortes chaleurs précoces que connaît la France, aucune fermeture d'école n'est prévue à ce stade mais des mesures de «bon sens» sont rappelées aux responsables d'établissements, a indiqué mardi le ministre de l'Education nationale.
«Pour l’instant, ce n’est pas prévu» de fermer temporairement certaines écoles moins adaptées aux fortes températures, «mais c’est tout à fait possible», a souligné Edouard Geffray sur franceinfotv.
Le ministre n'envisage pas non plus, à ce stade, un report des épreuves du bac professionnel prévues ce jeudi : «Ce n’est pas prévu à ce jour. Cela a déjà pu arriver dans le passé, pour l'instant ce n’est pas prévu», a-t-il ajouté. Idem pour le baccalauréat général, dont les premières épreuves de Terminale ont lieu le 15 juin, «pas de report à l'ordre du jour».
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a évoqué mardi «sept décès» dont «au moins cinq noyades» liés à l'épisode de fortes chaleurs qui traverse la France ces derniers jours.
«Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il y aurait sept décès liés directement ou indirectement à la chaleur», a déclaré Maud Bregeon sur TF1, rappelant que «tout ça méritera d'être précisé à la fin de l'épisode que l'on connaît aujourd'hui».
Le cabinet de la porte-parole a précisé à l'AFP que deux personnes s'étaient noyées en Gironde, une dans la Marne, une en Seine-et-Marne et une dans le Maine-et-Loire. Deux autres personnes sont mortes lors d'une pratique sportive à Paris et dans la métropole de Lyon.
Deux TGV Paris-Nice ont été immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après un «défaut d'alimentation électrique» qui a occasionné des retards pour tous les autres TGV de la ligne dans la soirée, a indiqué la SNCF lundi soir.
En ce jour de très fortes chaleurs, «des centaines de voyageurs» des deux trains immobilisés à quelques kilomètres de distance l'un de l'autre par une rupture de caténaire ont pu descendre sur la voie en sécurité pour s'aérer, une fois que les autres trains censés emprunter la même ligne ont pu être détournés sur d'autres itinéraires, a indiqué SNCF Réseau.
Sans électricité, les deux trains n'étaient plus climatisés, a précisé SNCF Voyageurs. L'incident a eu lieu à 16H00 à Montanay, au nord de Lyon, a indiqué SNCF Voyageurs en précisant que les équipes avaient reçu le soutien de la protection civile pour aider les passagers bloqués sur les voies. A 21H50, un des deux TGV était reparti et le deuxième était sur le point de repartir, a ajouté SNCF Voyageurs.
La journée de ce lundi 25 mai a établi un record de chaleur en France, pour un mois de mai, a annoncé le météorologue Météo-France.