Lors d'un run-swim, un événement mêlant course à pied et nage entre chiens et maîtres organisé près de Lyon, un animal a perdu la vie samedi. La piste des cyanobactéries est envisagée. Ces micro-organismes procaryotes, dont l'apparition est favorisée par le réchauffement climatique, peuvent être toxiques pour l'homme et les animaux.
Les chiens et leurs maîtres étaient conviés, ce samedi 30 mai, à se baigner au Grand parc de Miribel-Jonage, près de Lyon, à l'occasion d'un run-swim, un événement mêlant course à pied et nage. Le rassemblement a tourné au drame lorsqu'un chien est décédé, rapporte la presse locale dont Le Progrès. Si l'origine de la mort de l'animal reste à confirmer, la piste des cyanobactéries n'est pas à écarter.
Les cyanobactéries se développent principalement en été, dans des cours d'eau comme des lacs et des étangs. Lorsqu’ils sont présents en trop grande quantité, ces micro-organismes peuvent être toxiques pour l'homme et les animaux.
Les cyanobactéries sont des micro-organismes procaryotes, c’est-à-dire à cellule sans noyau, qui sont photosynthétiques. Elles réalisent donc la photosynthèse oxygénique et peuvent transformer l’énergie solaire en énergie chimique en fixant le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l'air et en libérant du dioxygène (O2). Elles produisent ainsi des pigments de couleur bleue, ou bleu-vert, ce qui justifie leur appellation de cyanobactérie (cyan).
Ces bactéries font partie des plus anciens organismes sur Terre puisqu’on date leur origine entre 2,7 et 3,5 milliards d’années, et on estime qu’elles ont joué un rôle important dans le développement de notre planète.
Réchauffement climatique et activité humaine
Si les cyanobactéries prolifèrent, c'est qu'elles le peuvent. Dès qu'elles ont la lumière et la nourriture nécessaires, ces micro-organismes se multiplient. Or, de nombreuses activités humaines, telles que l’agriculture, le traitement des eaux usées ou encore l’artificialisation des sols, leur procurent en grande quantité tous les nutriments dont elles raffolent. C'est ce qu'on appelle l'eutrophisation.
Mais surtout, c’est le réchauffement climatique qui contribue le plus à cette prolifération. En effet, une température plus élevée favorise le développement des cyanobactéries qui sont plus actives dans ces périodes de fortes chaleurs. Les petits lacs et points d'eau dans lesquels les baignades sont autorisées, sont généralement peu profonds et se réchauffent ainsi plus vite.
Danger pour l'homme et la biodiversité
Si les cyanobactéries ne sont pas mauvaises en soi, c’est leur présence en quantité trop importante qui peut être dangereuse pour l’homme en raison du nombre de toxines que certaines espèces produisent. Ainsi, plusieurs symptômes peuvent apparaître. Certains plus légers, comme des irritations de la peau, du nez, ou de la gorge, mais aussi d’autres plus graves comme des diarrhées, des vomissements, ou de la fièvre, ce qui justifie les interdictions de baignade.
Par ailleurs, les cyanobactéries ont également un véritable impact sur la biodiversité, puisqu’elles dégradent l’eau, qui n’est plus assez oxygénée, ce qui peut conduire à l’asphyxie des poissons et des autres espèces vivantes dans les cours d’eau et les étangs.
Comment stopper la prolifération ?
Pour stopper cette prolifération, la seule solution serait de couper les vivres de ces cyanobactéries. «La réduction des apports de phosphore et d’azote dans les eaux de surface reste aujourd’hui la seule façon durable de protéger et/ou de restaurer ces écosystèmes vis-à-vis des proliférations de cyanobactéries planctoniques», résume l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES).
Ces bactéries continueront de proliférer tant qu'il n'y aura pas d'action concrète pour réduire le réchauffement climatique, ou pour limiter certaines activités humaines responsables du rejet des nutriments dont elles raffolent.
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