Une semaine après sa disparition, le vendredi 29 mai, le corps de la jeune Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé et identifié, après plusieurs rebondissements. Retour sur la chronologie des faits.
Terrible drame. Ce vendredi, après une semaine sans signe de vie, le corps de Lyhanna a été retrouvé dans le département du Gers. Au cours de l'enquête, un suspect est rapidement sorti du lot, Jérôme Barella, 41 ans.
Vendredi 29 mai - Jour 1 : la disparition
Tout bascule le vendredi 29 mai, lorsque Lyhanna disparaît à Fleurance, une commune de près de 6.000 habitants située dans le département du Gers.
L'adolescente est aperçue pour la dernière fois aux alentours de 15h05, devant son collège. Elle est notamment vue en train de monter dans le véhicule d’un individu. Depuis, plus aucune trace de la jeune fille.
Un appel à témoins est rapidement lancé par la gendarmerie du Gers, indiquant toutes les caractéristiques physiques de Lyhanna afin de la retrouver au plus vite.
samedi 30 mai - Jour 2 : un suspect placé en garde à vue
Dès le lendemain, le samedi 30 mai, une enquête est ouverte pour «enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans» et, rapidement, un suspect est placé en garde à vue : Jérôme Barella. En effet, la voiture vue sur les images de vidéosurveillance est la sienne.
Interrogé sur la disparition de la jeune fille, l’homme de 41 ans se défend et affirme l’avoir déposée devant la piscine de la commune. Des déclarations «jugées incohérentes et imprécises» par la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer.
Par ailleurs, le suspect n’est pas un inconnu pour la famille de Lyhanna puisqu’il est le père d’une amie à elle. Les deux familles se connaissent donc depuis des années.
Dimanche 31 mai - Jour 3 : la piste de la fugue écartée
Lors d’une première conférence de presse, le dimanche 31 mai, la procureure souligne que l'adolescente n'avait jamais fugué par le passé et qu'aucun élément n'oriente l'enquête vers une telle piste.
La magistrate annonce la mise en place d’un périmètre de sécurité autour de la base de loisirs où le suspect a indiqué avoir déposé Lyhanna deux jours plus tôt, qui est située près de la rivière Gers.
lundi 1er juin - Jour 4 : le suspect mis en examen
Jérôme Barella est mis en examen le lundi 1er juin pour «enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans», «les charges pesant contre lui à ce stade de la procédure apparaissant suffisantes».
«Présenté au magistrat instructeur peu avant 20h, le mis en cause, âgé de 41 ans, demeurant dans le Gers non loin de Fleurance, au casier judiciaire vierge, n’a pas souhaité s’exprimer devant le magistrat, ni répondre à d’éventuelles questions», précise également le procureur d'Agen Olivier Naboulet, dans un communiqué.
Mardi 2 juin - Jour 5 : les doutes de la famille sur le suspect
Alors que l’enquête et les recherches continuent, de nouvelles informations sur les relations entre la famille de Lyhanna et le suspect sont révélées. Les parents de Lyhanna affirment avoir arrêté «tout contact» avec Jérôme Barella, après avoir eu «quelques doutes» sur ses agissements lors d'une «soirée pyjama» à son domicile.
Sur le terrain, les efforts de recherche s'accentuent avec notamment le renfort d'un escadron de gendarmes mobiles, qui porte à «170-180» le nombre de membres des forces de l'ordre mobilisés sur place.
mercredi 3 juin - Jour 6 : des révélations sur le passé du suspect
Au sixième jour des recherches, la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, tient une nouvelle conférence de presse afin de revenir sur les différents éléments de l’enquête.
Elle évoque notamment les trois procédures qui visent le principal suspect. En effet, avant la disparition de Lyhanna, Jérôme Barella avait déjà été la cible de plusieurs plaintes, toutes pour viol.
La première a été déposée en 2022, par une petite fille de 10 ans, la deuxième en 2025, là encore par une enfant de 10 ans et une dernière, beaucoup plus récente puisqu’elle a été déposée ce mercredi matin. Néanmoins, Clémence Meyer n’a pas été en mesure de donner plus d’informations.
Par ailleurs, la procureure révèle que le quadragénaire avait fait l’objet d’un licenciement en 2021, pour comportement inapproprié au sein du lycée dans lequel il travaillait comme agent d'entretien.
Enfin, Jérôme Barella aurait entretenu une relation avec une jeune fille de 17 ans en 2017. Une relation que cette dernière a qualifiée de consentie, malgré une main courante déposée par sa mère.
Jeudi 4 juin - Jour 7 : le corps d'un enfant retrouvé
Ce jeudi, en début d'après-midi, un corps a été retrouvé dans le département du Gers. Il a été découvert dans une usine agricole : «Le Centre opérationnel de la gendarmerie nationale d'Auch venait d’être appelé par une personne indiquant que le mis en examen aurait travaillé 8 années sur un silo à grains se trouvant sur cette commune», a déclaré le procureur de la République d'Agen Olivier Naboulet dans un communiqué publié ce vendredi.
Les enquêteurs se sont alors rendus sur ce site aujourd'hui non exploité et après quelques recherches, ont découvert le corps. Ce dernier a été héliporté dans la nuit en direction des laboratoires de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale) à Pontoise (95) afin de procéder aux identifications.
En conférence de presse jeudi après-midi, le procureur d'Agen avait notamment indiqué que le corps retrouvé était celui d'un enfant «porteur de vêtements similaires» à ceux de Lyhanna.
Vendredi 5 juin - Jour 8 : le corps identifié est celui de Lyhanna
Une semaine après la disparition de la jeune fille, le parquet d'Agen a confirmé ce vendredi après-midi que le corps retrouvé la veille appartenait bel et bien à Lyhanna : «L’autopsie a été pratiquée ce matin dans les locaux de l’IRCGN. A cette heure, l’identification de la victime est confirmée, au moyen d’une comparaison d’ADN».
Cependant, le parquet a indiqué que les médecins légistes n'étaient actuellement pas en mesure «d’indiquer quelles sont les causes de la mort». «Des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés», a conclu le parquet. L'enquête porte désormais sur des chefs d’enlèvement, de séquestration et de meurtre sur une mineure de moins de 15 ans.