Face au scandale qui éclabousse le secteur en France, le Sénat a annoncé mercredi le lancement d'une commission d'enquête sur les violences commises sur les mineurs dans le périscolaire. C’est la sénatrice Agnès Evren (LR), à l'origine de la demande, qui a été désignée rapporteure.
Établir «un état des lieux national des violences commises dans le cadre périscolaire». C’est l’objectif que s’est fixé la sénatrice Agnès Evren (LR), 55 ans, nommée rapporteure de la commission d’enquête lancée par le Sénat cette semaine, alors que 132 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année, dont 52 pour «suspicion de violences sexuelles ou sexistes». Une mission de la plus haute importance pour la vice-présidente des Républicains, connue pour sa proposition de loi visant à interdire l'usage des téléphones portables dans les collèges.
Née le 27 décembre 1970 à Paris, Agnès Evren est entrée en politique comme assistante parlementaire de Jean-Michel Dubernard (RPR), travaillant principalement sur des questions liées à l’éducation, avant de poursuivre sa carrière comme élue locale, à Paris, et comme conseillère de Luc Ferry, puis de Xavier Darcos et de François Baroin dans les trois gouvernements de François Fillon. Au cours de ses mandats, elle est associée successivement à des travaux sur l’Éducation nationale, le Travail, les Relations sociales, la Famille, la Solidarité et la Ville.
Une carrière politique liée à l'éducation
Malgré des défaites politiques, aux élections régionales d'Île-de-France en 2015, puis aux législatives dans la 4e circonscription de l'Essonne en 2017, elle parvient à être élue députée européenne en 2019. Mais en 2023, après des tensions en interne, elle perd sa place au sein de la commission d'investiture des Républicains et n'est pas retenue pour figurer en position éligible sur la liste du parti pour les élections sénatoriales de la même année. Elle prévoit alors de mener une liste dissidente à ce scrutin, ce qui lui permet d'être élue sénatrice.
Après son élection, Agnès Evren intègre la Commission de la culture, de l'éducation de la communication et de la Commission des affaires économiques du Sénat. En son sein, elle se distingue notamment en déposant une proposition de loi visant à interdire l'usage des téléphones portables dans les collèges. Sa proposition - qui répond, selon elle, à une urgence de santé publique en raison des effets de néfastes de l'hyperconnexion sur l'apprentissage et la concentration - relance le débat sur cette question sensible au sein de la communauté éducative.
En conséquence, le ministère de l'Éducation nationale annonce le lancement en 2024 d'une expérimentation dans 199 collèges volontaires, où les téléphones portables seront totalement bannis tout au long de la journée scolaire. Cette expérimentation, appelée pause numérique, a été généralisée à la rentrée 2025. La même année, elle apporte son soutien à Bruno Retailleau lors du congrès LR de 2025, face à Laurent Wauquiez. Après la victoire du premier, elle est nommée porte-parole du parti.
«ni l'improvisation, ni l'inertie, ni l'omerta»
C'est dans cette continuité de travaux sur les problématiques éducatives et sociales, et au travers de son engagement contre les violences sexistes et sexuelles que cette fille de commerçants, diplômée de sciences politiques à la Sorbonne, qui a grandi dans le Val-de-Marne dans une famille d'origine turque avec ses neufs frères et soeurs, a réclamé la création de cette commission d'enquête. Avec un objectif : faire la lumière sur les «violences sexuelles systémiques» dans le périscolaire.
«Un véritable système d'omerta s'est installé. La responsabilité pénale de la municipalité parisienne sortante doit être interrogée d'urgence», a ainsi écrit la sénatrice dans un communiqué. «La protection de l'enfance ne saurait tolérer ni l'improvisation, ni l'inertie, ni l'omerta», a-t-elle martelé. La commission d'enquête, qui va démarrer ses travaux au moins de juin, devra présenter ses conclusions à l'automne prochain.