Dans la soirée du jeudi 11 juin, l'Assemblée nationale a adopté un texte de la députée GDR Soumya Bourouaha, afin de revaloriser les bourses étudiantes sur critères sociaux. Une avancée saluée par les premiers concernés.
Un dispositif qui ne remplissait «plus son rôle historique», selon la députée GDR (Gauche Démocrate et Républicaine), Soumya Bourouaha. Ce jeudi, l’Assemblée nationale s’est montrée en faveur d'un projet de loi visant à indexer et à augmenter les bourses pour les étudiants. Le texte a été adopté en première lecture.
Ces bourses sont «parmi les seules aides sociales à ne pas bénéficier d'une revalorisation automatique (...) depuis 2013 (...) alors même que le coût de la vie étudiante a augmenté de près de 30%», a indiqué Soumya Bourouaha. Dans ce sillage, sa proposition prévoit une indexation annuelle automatique, a minima sur l'inflation, mais aussi une «annualisation» du versement, qui reviendrait à verser les bourses «12 mois sur 12» plutôt que 10.
Ce projet a été validé à la quasi-unanimité des votants, des groupes de gauche et du Rassemblement national. Les députés Renaissance, Horizons, LR et UDR (groupe d'Eric Ciotti) se sont abstenus. Ils ont principalement invoqué, à l'instar du ministre Philippe Baptiste (Enseignement supérieur), un «coût pour les finances publiques», estimé à un peu plus de 500 millions d'euros.
Une «avancée importante»
Alors que le texte devra aller au Sénat, les organisations étudiantes ont salué la décision des élus, la qualifiant de «premier pas». «Dans un contexte de précarité étudiante sans précédent, ce vote constitue une avancée importante», a assuré dans un communiqué, la Fage, première association étudiante en France.
Les mesures adoptées, «simples et justes», «ne relèvent ni du luxe ni de l'exceptionnel», a-t-elle poursuivi, regrettant toutefois la «position contradictoire» du gouvernement, «opposé à ce texte pour des raisons budgétaires, alors que les économies nécessaires ne sauraient être trouvées sur le dos des étudiants les plus précaires».
De son côté, pour l'Unef, troisième organisation représentative, l'adoption de cette proposition de loi est «une victoire» mais ces dispositions «ne suffiront pas à endiguer durablement et structurellement la précarité étudiante». La structure de gauche milite ainsi pour «la création d'une allocation d'autonomie» versée à tous «sans conditions de revenu», «fixée au seuil de pauvreté soit 1.288 euros».