De la longueur des chaussettes des élèves, à la couleur (blanche !) de leurs sous-vêtements, les écoles japonaises sont strictes, notamment pour les filles. Dans certains établissements scolaires, on va jusqu’à leur interdire de porter une queue de cheval, coupe de cheveux qui «exciterait les hommes».
Au-delà de l’absurdité de cette interdiction, c’est surtout ce qu’elle sous-tend qui est pointé du doigt : la sexualisation des jeunes filles et la culpabilisation. «Ils craignent que les garçons ne regardent les filles, c'est le même raisonnement qui pousse au maintien de la règle du sous-vêtement blanc uniquement, explique Sugiyama, à Vice World News, une ancienne enseignante qui a travaillé 11 ans dans divers établissements scolaires japonais. J'ai toujours critiqué ces règles, mais parce qu'il y a un tel manque de critiques et que c'est devenu tellement normalisé, les étudiants n'ont d'autre choix que de les accepter.»
Un établissement sur dix concerné
Il n'existe pas de statistiques nationales sur le nombre d'écoles prônant l'interdiction de cette coiffure. Pourtant, une enquête de la FBEN datant de 2020 démontre qu'environ une école sur dix dans la préfecture de Fukuoka (sud du pays) la rend obligatoire. A ceci, s’ajoutent aussi d’autre règles capillaires : si les élèves n'ont pas les cheveux lisses et noirs, comme la plupart des japonais, ils doivent prouver photos à l'appui que leurs cheveux sont naturellement différents.
En juin 2021, des élèves et parents ont incité le gouvernement japonais à demander aux conseils préfectoraux de réviser ces règles, pour la plupart sexistes. Certaines institutions ont finalement changé leurs obligations, mais d'autres sont encore réticentes.
