Les light novels japonais à la conquête de la France

Les livres des éditions Ofelbe ont conquis les fans de mangas, de SF et de fantasy en France. [© Ofelbe]

Les light novels connaîtront-ils le même succès que celui, désormais incontestable, des mangas en France ? Publié depuis 2015 dans l'Hexagone, ce format littéraire, bien installé au Japon, commence à séduire parmi les 12-25 ans, en offrant des romans faciles à lire et bourrés de rebondissements.

L'éditeur Ofelbe se fait fort de traduire dans la langue de Molière les plus grands succès, à l'instar de "Sword Art Online", "Log Horizon" et "Spice & Wolf". Des livres dont les ventes dépassent les 10 à 20 millions d'exemplaires au pays du Soleil-Levant.

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Si les origines des light novels (que l'on pourrait traduire par "romans légers" en raison de leur petite taille et de leur pagination réduite d'environ 200 pages au Japon) demeurent encore floues, leur inspiration trouverait ses origines "dans le courant des années 1970, où des histoires courtes étaient publiées sur certains sujets", souligne Louis-Baptiste Huchez, directeur de collection chez Ofelbe. L'éditeur français s'est ainsi spécialisé dans la traduction et la publication de ce genre encore naissant en Europe.

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"Tout a vraiment commencé au Japon, lorsque les éditeurs ont mis en place des concours ouverts au public pour récompenser des romans courts de moins de 50 000 mots", ajoute Louis-Baptiste Huchez. Les light novels ont alors connu un succès fulgurant entre la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Mais le premier vrai gros succès porteur du genre est né en 2006 avec "Spice & Wolf". L'histoire d'Holo, une divinité en forme de louve capable de prendre une apparence humaine, a rapidement séduit la jeunesse nippone en devenant un million-seller. Tandis que "Sword Art Online", publié dès 2009, explosera les records de vente, en dépassant la barre des 10 millions d'exemplaires.

Des œuvres cross-médias et facilement exportables

Des chiffres à faire tomber de leurs chaises les éditeurs de livres occidentaux. Leur secret ? Appliquer la recette d'un univers cross-médias dont les Japonais raffolent. Les light novels se conjuguent ainsi avec une série de mangas, d'animes et de jeux vidéo. En atteste encore "Sword Art Online" dont le succès dépasse désormais les rayons des libraires. "Le light novel sert généralement de base à un univers et déroule l'histoire originale d'une série, explique Louis-Baptiste Huchez. Les fans aiment y découvrir un scénario et des dialogues plus fouillés que sur les autres supports, tandis que des illustrations ponctuent certaines pages".

Au-delà de la diversification de l'œuvre, les éditeurs ont aussi adapté le support de lecture aux exigences du lectorat japonais. Les chapitres sont souvent prépubliés dans les mêmes magazines que ceux dévoilant des mangas. "Ceux-ci sont d'ailleurs lus dans les transports en commun et les volumes reliés sont vraiment petits, puisqu'ils ne font que les trois quarts de nos formats poches habituels". Si divers sujets sont abordés (science-fiction, fantasy, amour...), tous visent principalement un public d'adolescents et de jeunes adultes.

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Leur arrivée en France a fait l'objet d'un long travail d'adaptation. Les light novels ne sont ainsi pas édités au même format qu'au Japon. L'éditeur Ofelbe ayant opté pour une taille plus grande et surtout une pagination de 400 à 450 pages, chaque volume contenant deux tomes de la série japonaise.

Des ventes dépassant les 10 000 exemplaires en France

"La traduction fait aussi l'objet d'une réécriture dans un style plus accessible aux Français, puisque le style japonais est particulier, plus brute. Nous l'avons donc rendu plus fluide pour qu'il soit moins perturbant", relève Louis-Baptiste Huchez.

Les ventes les plus populaires dépassent déjà les 10 000 exemplaires. Un beau score dans le domaine de l'édition littéraire, porté notamment par les fans de mangas, mais pas seulement... "Nous constatons également une réelle demande de la part des amateurs de livres de SF et de fantasy qui ont bien accueilli ce genre. Il faut aussi souligner que le public, qui lisait enfant les Harry Potter, a aujourd'hui grandi et réclame un autre style d'histoires", conclut-il.

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