Le compte à rebours est lancé pour la Grèce

Alexis Tsipras, Premier ministre de la Grèce.[YANNIS BEHRAKIS / POOL / AFP]

La Grèce a jusqu'à jeudi minuit pour présenter à ses partenaires européens un nouveau programme de réformes afin de les convaincre de rouvrir les vannes de l'aide financière et de garder le pays dans la zone euro.

 

Mercredi, à la tribune du Parlement européen à Strasbourg, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est engagé à le faire, en évoquant "de nouvelles propositions concrètes de réformes crédibles", comme le lui réclame la zone euro en contrepartie d'un troisième plan d'aide. Le "programme complet" promis par M. Tsipras devra être envoyé à ses partenaires avant jeudi minuit, puis examiné par les créanciers et soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro.

Si ce programme donne satisfaction, les dirigeants européens pourront officiellement donner le coup d'envoi des négociations sur ce nouveau programme d'aide dimanche, lors d'un sommet exceptionnel à Bruxelles élargi aux 28 pays de l'Union européenne, les conséquences politiques de la crise grecque s'étendant bien au-delà de la seule zone euro.  Dans le cas contraire, cette réunion pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant une sortie de la Grèce de la monnaie unique.

 

"Nécessaire" restructuration de la dette

La Grèce a adressé formellement mercredi à la zone euro, son principal créancier, une nouvelle demande d'aide, accueillie comme un geste "positif" par la France et l'Espagne, deux des pays les plus souples à l'égard de la Grèce, cependant minoritaires face aux tenants d'une ligne dure, Allemagne en tête. "Cette demande, cette lettre, est équilibrée, positive. Elle fait preuve d'une réelle volonté d'avancer et de réformes", a assuré le Premier ministre français Manuel Valls. L'Allemagne n'a pas réagi à la nouvelle demande d'Athènes.

Quant au Fonds monétaire international (FMI), un des principaux créanciers de la Grèce, sa directrice générale Christine Lagarde a pris le contre-pied des Européens en jugeant "nécessaire" une restructuration de la dette grecque qu'ils ne veulent pas évoquer pour l'instant.

 

Caisses vides

Après la rupture brutale de précédentes négociations fin juin - à l'annonce par Alexis Tsipras d'un référendum sur les propositions des créanciers, remporté par le non à plus de 60% - la zone euro va à présent étudier la nouvelle demande d'aide sur trois ans qu'elle a reçue d'Athènes. Mais cette requête, alors que le pays, dont les caisses sont vides ou presque, a déjà bénéficié de deux plans d'aide pour un total de 240 milliards d'euros, devra être assortie d'un solide paquet de réformes, ont prévenu les Européens.

Pour l'heure, la Grèce s'est engagée à des réformes des impôts et des retraites "dès la semaine prochaine", a indiqué le nouveau ministre des Finances, Euclide Tsakalotos. Des solutions urgentes et à court terme sont aussi nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la Banque centrale européenne, qui maintient en vie son économie par un goutte-à-goutte financier aux banques, toujours fermées. Faute d'accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, conduisant inévitablement à un effondrement du système bancaire et à une banqueroute du pays, le propulsant hors de l'euro.

 

Banques fermées jusqu'à lundi

Le ministère des Finances a indiqué mercredi que les banques grecques, fermées depuis le 28 juin, le resteraient jusqu'à lundi, le plafond de retraits aux distributeurs imposé pour éviter une crise de liquidités restant à 60 euros par jour. Le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de maintenir inchangée l'aide d'urgence aux banques grecques (ELA), selon une source proche des discussions.

Mais une source bancaire européenne ne cachait pas que "l'exaspération et l'impatience montent (au sein de la BCE) face à l'attitude du gouvernement grec". Le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, a appelé Athènes à avancer dans les réformes, et les Européens a admettre - ce qu'ils refusent jusqu'à présent, Allemagne en tête - un allègement de l'énorme dette grecque, qui atteint 320 milliards d'euros, soit 180% du PIB du pays.

 

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