Le Tadjikistan interdit le voile et la burqa pour lutter contre l'Islam radical

Le voile intégral est visé par les nouvelles mesures contre l'Islam radical. [Miguel Medina / AFP/Archives]

Au Tadjikistan, la lutte contre l'Islam radical passe par les vêtements. Ce pays musulman d'Asie Centrale a décidé d'interdire les vêtements comme le voile (hijab), la burqa et le niqab. 

Comme l'a rapporté le site EurasiaNet.org, cette mesure a été instaurée suite à une réunion rassemblant le maire de la capitale, Douchambé, les députés, ainsi que des responsables de la police et les dignitaires religieux. Au cours de celle-ci, le maire de Douchambé, Mahmadsaid Ubaidulloev, a appelé les participants à aider à combattre "les manifestations d'extrêmisme religieux et de terrorisme" et tous les citoyens à soutenir cette bataille. 

Il a ainsi appelé à bannir les vêtements ne faisant pas partie de l'habillement traditionnel tadjik, visant particulièrement le voile - hijab - le niqab et la burqa. Il faisait ainsi écho aux propos du président tadjik Emomali Rahmon, qui avait déclaré le 8 mars dernier (qui marque la "journée des mères" dans le pays) : "depuis les temps anciens, notre peuple a toujours possédé de belles robes de femmes, et nos filles n'ont jamais porté de vêtements de couleur noire. Traditionnellement, les vêtements noirs ne sont pas les bienvenus". 

Effacer les signes d'appartenance religieuse

La volonté des autorités du Tadjikisan d'effacer les signes d'appartenance religieuse parmi la population n'est pas nouvelle. Par le passé, les médias locaux ont rapporté des cas d'intimidation contre des hommes portant la barbe. Certains auraient même été emprisonnés. Le président avait également envisagé d'interdire les patronymes arabes

Le ministre de l'Intérieur Ramazon Rahimzoda avait également déclaré le 20 août qu'il souhaitait créer une "avant-garde" constituée de jeunes gens et chargée de prévenir la montée de l'extrêmisme islamiste parmi les jeunes générations. Elle aurait notamment pour mission de propager la pensée de l'Imam Abu Hanifah, qui a fondé au 8e siècle l'école islamique à l'origine de l'Islam modéré en vigueur dans toute l'Asie centrale

Alors que l'Islam traditionnellement pratiqué en Asie Centrale, d'inspiration soufie, prône la tolérance et n'impose pas d'obligations concernant les vêtements, l'influence de l'Islam radical d'inspiration wahabbite se fait sentir depuis les années 2000. Frontalières de l'Afghanistan, les républiques d'Asie Centrale sont soumises à la progression de groupes jihadistes commes le Mouvement Islamiste d'Ouzbekistan (MIO).

 

 

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